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Tome second.
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18 HISTOIRE DE NAPOLÉON . - 1808.

méats de l’Esc,nrial. Godoy, qui, de la grande faveur où il se croyaitdans l’esprit de l’Empereur, se trouvait tout à coup réduit à lui-même;Godoy, qu’obsédait en outre un redoublement d’inimitié de la part desprincipaux personnages de l’état et de la population de la capitale ;incapable de supporter à la fois et le poids de son propre désespoir etcelui de la liaine générale, et la continuation de la confiance de la fa-mille royale ; effrayé surtout du triomphe de Ferdinand , à qui il sevoyait publiquement sacrifié; conseillé de plus, dit-on alors, par Is-quierdo, qui aurait reçu une insinuation plus expressive à Paris , Godoyse détermina à faire suivre l’exemple de la cour de Lisbonne à la courde Madrid , et à aller se réfugier avec elle dans l’empire que Cortèsavait fondé en Amérique . Du consentement de la reine à celui du roile passage fut prompt ; la crainte de tomber sous le pouvoir de Ferdi-nand décida le départ. Le généralissime, prince de la Paix, expédiasecrètement l’ordre à divers corps, qui protégeaient par leur marchesur le Portugal l’invasion française, de rétrograder et de s’échelonnersur la route de Madrid à Cadix , où l’embarquement de la famille royaledevait s’opérer. La cour habitait à Aranjuez ; mais, soit pénétration,soit indiscrétion , soit trahison, le secret du voyage du roi cessa d’enêtre un dans cette résidence et à Madrid . On apprit aussi que, sousprétexte de manœuvres militaires, dont l’usage s’était perdu depuislongtemps, des troupes se rassembleraient bientôt à Aranjuez . Cesmesures précipitaient la ruine de Godoy. Le conseil suprême de Castillevoulut au moins retarder le mouvement de ces troupes , dans l’espoirde faire évader Ferdinand, et adressa au roi de vives remontrances,en le suppliant de ne pas quitter sa capitale ; ce fut inutilement : lestroupes marchèrent la nuit sur Aranjuez . Alors seulement Godoy,instruit de la disposition des esprits, s’avisa de redouter pour lui-mêmela présence des forces dont il avait pressé l’arrivée malgré les repré-sentations du conseil suprême. D’un autre côté, toujours entraîné parson inimitié pour le prince de la Paix , l’ambassadeur Beauharnais necachait point que l’éloignement du roi serait désapprouvé par l’Empe-reur, sur lequel la situation actuelle de l’Espagne poussait plus forte-ment que jamais à reporter toutes les espérances. Cependant on publiaune proclamation qui démentait le bruit du départ du monarque. Maisle peuple ne répondait à ces publications que par le cri de : Mort àl'indigne favori! La proclamation de Charles échoua contre l’insurreclion