HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1808. 19
générale : elle était en marche. Vainement Godoy avait hâté les pré-paratifs du voyage de la famille royale; les amis de Ferdinand, malinspirés, avertirent leurs affidés de la capitale, que la nuit du 16 au17 mars était fixée pour le départ. Les aveugles ennemis du favoridonnèrent l’éveil à Madrid et dans les campagnes, dans la province dela Blanche surtout, comme sur une calamité publique ; et une foule depaysans armés, renforcés d’une partie de la population de la capitaleet de toute celle d’Aranjuez , affluèrent subitement dans cette résidence.L’ambassadeur Beaubarnais , qu’on n’y voyait ordinairement que lors-que l’étiquette l’exigeait, arriva inopinément de Madrid , et contribuapar sa présence à précipiter le moment de l’explosion. Dans les crisesdes gouvernements absolus, les troupes redeviennent toujours popu-laires; depuis longtemps d’ailleurs, indisposées contre Godoy, dont ladomination leur était également insupportable, elles s’unirent avec leshabitants. Jamais erreur plus universelle n’avait obscurci le jugementde toute une nation et des factions qui s’agitaient au-dessus d’elle.Plus cette erreur fut grave et générale, plus terrible aussi et plus una-nime devait être le réveil de l’Espagne ; car tout le monde se trompaità Aranjuez , excepté Godoy qui, ayant bien vu son danger, se décidaità s’exiler avec la famille royale , pour régner encore sur elle dans sespossessions d’Amérique. Quant à Ferdinand et aux Espagnols, il estbien certain que ce départ détruisait tout naturellement les obstaclesqui s’opposaient au rétablissement de la sécurité publique et à l’exis-tence politique du royaume. Peut-être faut-il penser que M. de Beau-barnais , en témoignant une opposition manifeste à la résolution duroi, compromit et compliqua d’une manière inextricable les intérêts ,quels qu’ils fussent, de son souverain. Il y avait sans doute un autreparti à prendre pour Charles IV , si son conseiller avait eu un caractèregénéreux et eût fait estime de la dignité de sa nation : c’était d’allerattendre dans l’inexpugnable Cadix , au milieu de son armée, le résultatdes circonstances. Certes, il est facile de croire que le peuple espagnol fo j eiiUt auss * ki en défendu pendant que le roi aurait occupé la plus
- e ^ ace de ses états, que pendant le séjour du prince des Asturiesa ' alençay.
On accusait maintenant Godoy d’avoir appelé en Espagne les batail-lons français m ir i . ,
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aque e, apiès avoir remercié ses sujets de leur toblc ayüuüon, il leur
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