HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1808. 27
de son gouvernement, et qu’il lui faut des lois qui garantissent les ci-toyens de l’arbitraire et des usurpations de la féodalité; des institu-tions qui l’animent l’industrie, l’agriculture et les arts. Vous leur pein-drez l’état de tranquillité et d’aisance dont jouit la France , malgré lesguerres où elle s’est toujours engagée; la splendeur de la religion, quidoit son rétablissement au concordat que j’ai signé avec le pape. Vousleur démontrerez les avantages qui peuvent résulter d’une régénérationpolitique : l’ordre et la paix dans l’intérieur. Tel doit être l’esprit devos discours et de vos écrits; ne brusquez aucune démarche; je puisattendre à Bayonne, je puis passer les Pyrénées , et, me fortifiant versle Portugal , aller porter la guerre de ce côté.
« Je songerai à vos intérêts particuliers, n’y songez pas vous-même.... LePortugal restera à ma disposition.... Qu’aucun projet personnel ne vousoccupe et ne dirige votre conduite ; cela me nuirait et vous nuirait en-core plus qu’à moi.
« Vous allez trop vite dans vos instructions du 14 : la marche quevous prescrivez au général Dupont est trop rapide à cause de l’événe-ment du 19 mars. Il y a des changements à faire; vous donnerez denouvelles dispositions ; vous recevrez des instructions de mon ministredes affaires étrangères.
« J’ordonne que la discipline soit maintenue de la manière la plussévère ; point de grâce pour les plus petites fautes. L’on aura pour l’ha-bitant les plus grands égards ; l’on respectera principalement les égliseset les couvents.
« L’armée évitera toute rencontre, soit avec des corps de l’arméeespagnole, soit avec des détachements; il ne faut pas que d’aucun côtéil soit brûlé une amorce.
« Laissez Solano dépasser Badajos , faites-le observer; donnez vous-même l’indication des marches de votre armée, pour la tenir toujoursà une distance de plusieurs lieues des corps espagnols. Si la guerre s’al-lumait, tout serait perdu.
« C’est à la politique et aux négociations qu’il appartient de déciderdes destinées de l’Espagne . Je vous recommande d’éviter des explica-tions avec Solano, comme avec les autres généraux et les gouverneursespagnols.
» Vous m’enverrez deux estafettes par jour; en cas d’événementsmajeurs, vous ni’expédierez des officiers d’ordonnance : vous me ren-