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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . 1808. 85

il dina au château de Marrac. Dans cette première entrevue, il ne fut nul-lement question des affaires de lEspagne : la lettre que Ferdinand avaitadressée de Vittoria à Napoléon prouve quil sentait bien quil auraità répondre sur labdication de son père, dont il voulait paraître ignorerla protestation. Il savait pourtant combien de lettres, de notes, par-taient chaque jour du palais, écrites par le roi, par la reine et par sasœur ; il devait comprendre alors que, dans la situation sa violenceavait réduit son père, celui-ci naurait rien de plus à cœur que defaire parvenir à Napoléon , son allié, un acte aussi important ; dailleurs,Ferdinand avait été averti de cette démarche. Mais un esprit de vertigeplanait sur les deux frontières ; il aveuglait le prince des Asturies etses conseillers, qui, à Vittoria, avaient repoussé, comme une intrigue,cet avis salutaire; il aveuglait aussi les conseils de Marrac. Cependant,le 28, Ferdinand mandait à son oncle, linfant don Antonio : «.... Jete préviens que lEmpereur a dans ses mains une lettre de Marie-Louise,qui porte que labdication de mon père a été forcée. Fais comme si tu1 ignorais, mais conduis-toi en conséquence, et tâche que ces mauditsFiançais ne te fassent aucun trait de leur méchanceté. .» Ferdinand dutregretter amèrement alors de navoir point écouté, à Vittoria, les repré-sentations du chevalier Urqui jo. Aussitôt après le départ de Ferdinand,le grand-duc de Berg avait fait rendre la liberté ad prince de la Paix,Bui se mit en route pour la France , sous escorte. Le 25 avril, Charles IV écrivit à lEmpereur : «.... Cest dans la protection de V. M. I. et II.due je trouve un baume aux plaies dont mon cœur est navré; je mellatte davance que le moment de me voir entre les bras de V. M. seraun des plus heureux de ma vie, comme aussi le premier qui, depuisce qui sest passé, luira dune pure clarté sur mon existence.... » Lareine écrivit le même jour : « .... Quoiquil nous tarde déjà de nousvoir arrivés à Bayonne !... Nous sommes rassurés.... Jignore le jourdue nous arriverons à Bayonne , parce que, si lindisposition du roi lePermet, nous avons la plus grande envie de doubler nos journées. Cedue je puis assurer à V. M. I. et B., cest que nous volerions à vosbras, tant nous avons dimpatience dy serrer les doux liens dallianceet damitié.... » Le désir dêtre à Bayonne était le seul sentiment quifût commun au roi, à la reine, au prince de la Paix, au prince desAsturies et à ses conseillers. Ferdinand avait profité de sa royauté poursy trouver avant son père ; la reine se plaignait du retard de son arrivée