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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1808.et de mon oncle qu’au mien , des compliments bien sincères sur la sa-tisfaction qu’elle a eue dans l’installation de son cher frère sur le trôned’Espagne ; l’objet de tous nos désirs ayant été toujours le bonheur dela nation généreuse qui habite ce vaste royaume, nous ne pourronsvoir à sa tête un monarque si digne et si propre par ses vertus à le luiassurer, sans en ressentir la plus grande consolation. C’est le sentiment et ledésir d’être honorés de son amitié qui nous ont portés à lui écrire la lettreadjointe, que je prends la liberté d’écrire à V. M. I., en la priant qu’aprèsl’avoir lue elle daigne la présenter à S. M. Catholique. » L’air de Compiègne étant trop froid pour sa santé, Charles obtint d’aller s’établir à Mar seille , d’où il mandait à l’Empereur, le 7 février suivant : « Je ne sauraisme priver du plaisir de féliciter Y. M. I. et R. pour ses heureux succèsdans sa dernière campagne.... » (Celle d’Espagne .)
Cependant le grand - duc de Berg gouvernait au nom de l’empereurNapoléon, roi des Espagnes ; et, le 15 mai, le conseil de Castille , pré-sidé par le marquis de Caballero, qui avait dirigé, pour Ferdinand,l’insurrection d’Aranjuez , rédigea une adresse à S. M. I. et R., parlaquelle, après avoir dit qu'il n’y avait plus de Pyrénées , il demandaitpour roi des Espagnes l’aîné des augustes frères de S. M. La ville deMadrid offrait le même jour le même vœu, par l’organe de son conseil,au grand-duc de Berg; et Louis de Bourbon, cardinal archevêque deTolède, écrivait, le 22, à l’Empereur une lettre dans laquelle il annonçaitque la cession de la couronne d’Espagne lui imposait la douce obligationde déposer aux pieds de l'Empereur l’hommage de son respect et de sa fidé-lité, et suppliait S. M. de le regarder comme son plus fidèle sujet, et delui faire connaître ses intentions pour mettre sa soumission à l’épreuve.Tout ce qui était resté à Bayonne du cortège et de la cour du vieux roiet de son fils ne cessait de renouveler journellement à Napoléon lesmêmes hommages. Ces hommes, naguère de partis si différents , con-fondaient tout à coup leurs intérêts dans celui de leur dévouement àNapoléon . Ils suivaient l’exemple du prince des Asturies et de ses frères,Rui, avant de quitter Bayonne , avaient adressé au gouvernement pro-visoire de Madrid , non - seulement leur adhésion au traité du 5 mai,mais encore une exhortation toute paternelle aux Espagnols de s’y con-former, ainsi qu’une déclaration qui les relevait du serment de fidélité;en sorte que les courtisans de Bayonne et les gouvernants de Madrid durent se croire doublement fidèles en se donnant à Napoléon . Toute-