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Tome second.
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40 HISTOIRE DE NAPOLÉON . 4808.

fois la nation avait considéré à sa manière et interprété daprès son pro-pre jugement la position, les paroles et les écrits de Ferdinand ; ellesétait décidée déjà , le 2 mai, par linsurrection de Madrid , à le forcer,quoique absent et démissionnaire, de régner sur elle ; ou plutôt cétaiten son nom quelle avait levé le drapeau de la résistance. Il ne restaitplus en Espagne de personnes favorables à la révolution de Bayonne ,que ce petit nombre dhommes de cour, détat et dadministration, quiva se grouper autour du trône de Joseph, soit par ambition, soit parmépris pour la dynastie fugitive, soit aussi par amour pour une patrieà qui Napoléon destine de nobles et sages institutions. Trop peu éclairéealors, comme elle lest encore aujourdhui, la masse des Espagnols nevoit quune armée française à la place de ses souverains ; devant cetteforce étrangère, qui seule peut la sauver de ses propres fureurs , elledevient tout implacable, et ne prend conseil que du sentiment dune in-dépendance quelle nest pas en état de supporter pour elle-même, puis-quelle ne la proclame quau nom de Ferdinand : tant est sacré pour lanation cette royauté de huit jours, quelle na connue que par lentrée* solennelle de ce prince à Madrid , et qui ne lui a été chère que par lem-prisonnement de Godoy ! Le peuple espagnol et Napoléon se trompèrenttous deux, lun en servant Ferdinand, lautre en couronnant Joseph ;et ils se tromperont encore le jour Ferdinand sera rendu à lEspagne .

La liberté et le despotisme ne sont, aux yeux des Espagnols du dix-neuvième siècle, quune même tyrannie, pour laquelle ils ne saventque mourir ; aussi ne regardent-ils, dans leur dégénération, la procla-mation de Napoléon , du 19 mai, que comme le manifeste dun ennemi.LEmpereur, mal informé de leur situation morale, est abusé par tousceux qui gagnent toujours à se mettre à la tète dun gouvernementquelconque, ou par ceux qui ne désespèrent jamais de la conversiondune patrie malheureuse. Ce fut donc en pure perte pour les intérêtscommuns des deux nations, quil fit publier cette proclamation,1 honneur et le bonheur des Espagnols étaient également ménagés :

« Espagnols ,

« Après une longue agonie, votre nation périssait. Jai vu vos maux ;je vais y porter remède. Votre grandeur fait partie de la mienne. Vosprinces mont cédé tous leurs droits à la couronne des Espagnes : je ne