HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1808. 43
ne pas dépasser Vittoria, eut, ainsi que M. Cevallos, une longue con-férence avec Joseph. Les députations du conseil de Castille, des conseilsde l’inquisition, se succédèrent. La députation de l’armée fut présentéepar le duc del Parque. Les fidélités des deux dernières cours s’étaientréconciliées pour former la fidélité de la nouvelle dynastie. Après plu-sieurs séances de la junte extraordinaire, où se discuta l’acte constitu-tionnel , le 7 juillet, la junte étant réunie dans le lieu de ses séances,Joseph, sur son trône, prononça un discours et ordonna la lecture decet acte. Le roi prêta serment sur l’Évangile à la religion et à la consti-tution de l’état. Le serment fut successivement prêté au roi et à laconstitution par tous les membres de la junte, les grands officiers de lacouronne et les officiers de la maison du roi. La junte vota des remer-ciments cà l’Empereur, et fut admise en sa présence. Le 9, Joseph semit en route pour ses états avec un cortège de cent voitures : l’Empe-reur l’accompagna jusqu’à la première poste.
Le nouveau souverain avait appelé au ministère les hommes les plusdistingués de l’Espagne . Cevallos eut les affaires étrangères; Mazarado,la marine; d’Azanza, le ministère des Indes, de grâce et de justice;Cabarrus, celui des finances, O’Farril, celui de la guerre. Le duc del’Infantado devint colonel général des gardes royales. Ainsi la conver-sion des conseillers de Charles et de Ferdinand était complète et devaitdécider celle de la nation, si la nation n’eût été plus fière que ses princeset leurs ministres.
La constitution fixait la liste civile du monarque, les apanages desinfants, le douaire de la reine ; établissait un sénat chargé de veillersur la liberté individuelle, et sur celle de la presse ; un conseil d’étatinvesti de la discussion des lois et des règlements, de l’administrationet de la connaissance des conflits de juridiction entre les corps judi-ciaires et les corps administratifs; elle instituait les cortès, divisées,non en trois ordres, mais en trois bancs : le clergé avait vingt-cinq dé-putés , archevêques et évêques ; la noblesse, également vingt - cinq,qualifiés grands des cortès; le peuple, cent vingt-deux. Les deux pre-miers bancs étaient nommés par lettres patentes du roi ; le troisième,par les provinces, en raison d’un représentant sur trois cent mille ha-bitants. Les séances n’étaient pas publiques. La constitution appelaitles cortès à délibérer sur les finances , sur les codes , sur les imposi-tions : les comptes des recettes et des dépenses de l’état, publiés cha-