Band 
Tome second.
Seite
57
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1808. 57

à l’Autriche dans le désir de lui épargner une lutte nouvelle. Mais en1814, au moment de signer l’abdication de Fontainebleau , il se rappel-lera le cercle du 15 août 1808.

Cependant l’accroissement subit et immodéré de l’état militaire del’Autriche peut faire craindre à Napoléon une autre guerre d’invasion.C’est le comte de Stadion, l’implacable ennemi de l’Empereur et de laFrance, qui régit le cabinet de Vienne . Le comte de Stadion, l’hommedes coalitions et des conjurations contre la France , est le Pitt du gou-vernement autrichien . Il a hérité de la haine du fds de lord Chatam etdes moyens familiers aux vengeances de ce ministre sans foi, sans pu-deur, et sans aucun respect pour les droits et les engagements les plussacrés. D’après cet ensemble de circonstances graves, et les rapports deses ministres de la guerre et des relations extérieures, Napoléon adresse,le 4 septembre, au sénat un message où il s’exprime ainsi : « ....Jesuis résolu à pousser les affaires d’Espagne avec la plus grande activité,et à détruire les armées que l’Angleterre débarquera dans ce pays....Mon alliance avec l’empereur de Russie ne laisse à l’Angleterre aucunespoir dans ses projets. Je crois à la paix du continent, mais je ne veuxni ne dois dépendre des faux calculs et des erreurs des autres cours ; etpuisque mes voisins augmentent leurs armées, il est de mon devoird’augmenter les miennes.,.. » Il était difficile de désigner plus claire-ment l’Autriche , et de lui donner, après l’entretien du 15 août avec sonambassadeur, un avertissement plus positif. C’était à la face de l’Europe que Napoléon déclarait à la France qu’il avait besoin de nouvelles forcespour repousser une agression qui la menaçait sous le voile de la paixde Presbourg . Dans sa séance du 14, le sénat vota cent soixante millehommes. La France comptait alors douze armées : celle de Pologne ,celle de Prusse, celle de Silésie, celle de Danemark, celle de Dalmatie ,celle d’Albanie, celle d’Itabe, celle de Naples, celle d’Espagne , et desarmées de réserve à Boulogne, sur les côtes, sur le Rhin et dans l’in-térieur. Napoléon voulait renforcer ses armées d’Allemagne , et porter àdeux cent mille hommes celle d’Espagne . Il avait aussi dessein d’allercommander celle-ci en personne, à son retour d’Erfurt . Il lui appar-tenait de combattre l’Angleterre sur le continent d’où il l’avait bannie.Aussi, la parade du 11 septembre, en présence de l’avant-garde destroupes de la grande armée, l’Empereur parla ainsi :