Band 
Tome second.
Seite
58
JPEG-Download
 

58

HISTOIRE DE NAPOLÉON .

1808.

« Soldats,

« Après avoir triomphé sur les bords du Danube et de la Vistule ,vous avez traversé l’Allemagne à marches forcées; je vous fais aujour-d’hui traverser la France sans vous donner un moment de repos. Sol-dats, j’ai besoin de vous. La présence hideuse du léopard souille lescontinerts d’Espagne et de Portugal . Qu’à votre aspect il fuie épou-vanté! Portons nos aigles triomphantes jusqu’aux colonnes d’Hercule :là aussi nous avons des outrages à venger! Soldats, vous avez surpassé larenommée des armées modernes : mais avez-vous égalé la gloire des ar-mées de Rome, qui dans une même campagne triomphèrent sur le Rhin et sur l’Euphrate, en Illyrie et sur le Tage?... »

L’Empereur n’avait jamais mieux parlé à ses braves d’Italie . Le22 septembre, il partit de Saint-Cloud pour aller à Erfurt . Mais, avantson départ, le corps municipal de Paris a reçu l’ordre de rendre lesplus brillants honneurs aux différentes divisions de la grande armée enmarche pour l’Espagne ; la ville leur offrit des couronnes d’or pour êtreajoutées à leurs aigles. Des banquets, présidés par le préfet et par lesmaires de la capitale, furent donnés à chacun de ces corps dans le jardinde Tivoli : ces fêtes triomphales eurent lieu les 22, 28, 29, 30 sep-tembre et 1 er octobre.

Napoléon entre le 27 à Erfurt , et va au-devant de l’empereurAlexandre, arrivé à Weymar depuis deux jours. Napoléon se trouvechez lui à Erfurt : à la tête des princes de la confédération, et sur lafrontière du royaume feudataire de Frédéric-Guillaume , il est à la foisl’empereur des Allemands et celui des Français . C’est à son ban que,de toutes les parties de l’Allemagne , se rendent ses grands vassaux cou-ronnés : il exerce envers eux à Erfurt , avec la splendeur de Charle-magne, son impériale hospitalité. Deux souverains seulement n’y sontpoint appelés : c’est le roi de Prusse à peine amnistié d’Iéna, et l’em-pereur d’Autriche déjà relaps de la trop généreuse paix de Presbourg .Mais ce prince, bien qu’il Gué du refus fait à M. de Metternich , son am-bassadeur, de la permission de suivre Napoléon à Erfurt , ne se con-tente pas d’y envoyer, comme l’Angleterre, des observateurs sans ca-ractère, spectateurs inquiets de cette union solennelle de Napoléon et