Band 
Tome second.
Seite
101
JPEG-Download
 

401

HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4809.et le seul sentiment qui le fasse sourire à ses propres succès, c est 1 es-poir de triompher enfin par son génie de cette fatale destinée d’unegloire sans repos ou d’une adversité sans terme. Mais il s’abuse, commeil l’a toujours fait, en signant ses traités. Il détruira toutes les arméesde l’Europe , jamais l’esprit de coalition.

Le tableau rapide des principaux événements de ces hostilités, toutescorrespondantes et néanmoins éloignées du terrain où se bat Napoléon ,doit être mis sous les yeux du lecteur.

L’archiduc Ferdinand, frère de l’impératrice d’Autriche , avait la con-duite des opérations m ilitaires en Pologne . Il entre sur le territoire dugrand-duché, le 15 avril, à la tète d’une excellente armée de quarantemille hommes, dont cinq mille de cavalerie, avec quatre-vingt-qua-torze bouches à feu. Le roi de Saxe n’avait, sous les ordres du princeJoseph Poniatowski , ministre de la guerre, qu’un corps d’armée dedouze mille hommes présents au drapeau, et composés de nouvelleslevées. Malgré une telle infériorité, le prince Joseph , en véritable pa-triote polonais, résolut de commencer la campagne par livrer batailleà l’archiduc. Il attendit l’ennemi à Raszyn , à quatre lieues en avant deVarsovie ; on en vint aux mains le 19. Les Polonais eurent la gloire desoutenir pendant huit heures l’effort de nombreuses troupes d’élite :la nuit avait mis fin au combat ; les deux armées se repayèrent avecdes pertes égales: celle de l’archiduc sur Falenty, celle du princeJoseph sur Varsovie. Les Polonais étaient trop faibles pour défendreles lignes immenses tracées autour de cette capitale ; cependant ils s’yplacèrent fièrement, protégés par quarante-cinq pièces de canon donton venait d’armer ces lignes à la hâte. L’archiduc parut bientôt devantVarsovie ; il fit demander au prince une entrevue. Poniatowski, no-nobstant l’impossibilité où il était de résister, obtint les conditions lesplus honorables, entre autres la neutralité de Varsovie et l’exemptionde toute contribution extraordinaire; mais dans deux jours la villedevait être et fut évacuée. Le sénat, les ministres, les conseils d’état, lesautorités, voulurent partager la fortune de l’armée nationale, qui seulepouvait s’attribuer le salut de la capitale; car, après le combat deRaszyn , la cavalerie et l’artillerie saxonnes avaient repris la route deleur pays. Poniatowski transporta les pénates militaires de la patriesur la rive droite de la Vistule , entre les places du Bug et de Praga,au centre du royaume, en face de Varsovie . Cette résolution audacieuse