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Tome second.
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102 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1809.

étonna l’archiduc, qui croyait que Poniatowski profiterait de la con-vention pour se retirer vers la Saxe ou sur la basse Vistule . Ainsi lesintrigues de l’Autriche, ourdies depuis un an en Pologne , se trou-vèrent déjouées, et le patriotisme polonais reparut avec toute sonexaltation.

Poniatowski se décide à prendre l’offensive. Sa petite armée s’aguerrittout à fait dans quelques attaques qui coûtèrent un millier d’hommesau général Mohr. Un corps autrichien, posté à Ostroweck , protégeaitla construction d’un pont à Gora; le prince chargea le général d’artil-lerie Pelletier d’aller l’enlever : cette expédition fut conduite avec au-tant de rapidité que de valeur. Les Autrichiens eurent à regretter deuxmille prisonniers, trois canons èt deux drapeaux. L’archiduc arrive,mais trop tard; le pont était détruit. Le 14 mai, Poniatowski occupeLublin et marche sur Sandomir , tandis que l’archiduc prend la routede Thorn. Ce fut après l’affaire d’Ostroweck qu’on enleva un courrierautrichien , porteur d’une lettre par laquelle le général russe Gortzakofffélicitait l’archiduc, et lui montrait le désir et l’espoir de coopérer bientôt àses succès. Cette lettre passa dans les mains de Napoléon, qui la fitexpédier à Saint-Pétersbourg . On se contenta de rappeler Gortzakoff.

Telles étaient les dispositions de l’allié de Napoléon envers l’Autriche ,au moment où il croyait apprendre que les Eusses avaient attaqué, etpouvoir appeler à lui le corps de Poniatowski. On se battait depuisle 17 avril; on était à la fin de mai ; les Eusses, au nombre de quinzemille hommes , au lieu de cent cinquante mille qui étaient promis , serendaient en Gallicie sous les ordres du prince Gallitzin. Ils avaientdéfense de dépasser la Vistule et les pays à la hauteur de Cracovie .L’indécision de la Russie entre la France et l’Autriche méritait encoreplus de reproches que celle de la Prusse, qui n’était pas retenue parun traité de coopération à la guerre actuelle. En Prusse , il y avait,depuis Tilsitt, deux pouvoirs bien distincts : le roi et le cabinet. Le roivoulait tenir ses engagements avec la France sous le bon plaisir de laEussie, à qui il devait tout ; le cabinet n’en voulait tenir aucun, et fai-sait la guerre germanique, ne pouvant faire celle de Prusse. Un grandlien politique, le démembrement de la Pologne , unissait secrètementet pour toujours les trois puissances copartageantes. Cette idée simple,mais forte, suffisait pour déterminer Napoléon à prononcer le rétablis-sement du royaume de Pologne dans son intégrité primitive. Cette