HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1809. 115
divisions de l’armée d’Italie ; mais avant de les appeler auprès de lui,Napoléon veut qu’elles achèvent sous le prince Eugène ce qu’elles ontsi glorieusement commencé. L’archiduc se trouvait toujours à Kor-mond; le 9 juin, le vice-roi eut ordre de se mettre en mouvement surcette ville; l’archiduc l’évacua le 7, et se dirigea sur Raab qu’il attei-gnit le 13, après avoir été inquiété dans sa marche par les troupesd’Italie : il trouva à Raab son frère l'archiduc palatin à la tête de l’in-surrection hongroise. Le prince rangea son armée en bataille sur leshauteurs ; ses forces réunies formaient quarante-cinq mille hommes.Il eut affame le jour même avec le général Montbrun, qui ne l’avaitpas perdu de vue depuis son départ de Kormond. Le lendemain 14,Eugène présenta le combat, et prévint d’un jour les desseins de sonadversaire. Le vice-roi saisit l’occasion de célébrer la journée de Ma-rengo, qui avait reconquis la patrie italienne, et d’illustrer l’anniversairede Friedland. Jamais bataille ne fut livrée par un général français sousde plus brillants auspices. L’action très-vive dura quatre heures, etcoûta aux Autrichiens plus de six mille hommes. Les archiducs seretirèrent sur Kormond, où le vice-roi les poursuivit inutilement; ilsavaient passé le Danube. La victoire de Raab devient pour Napoléon lesignal de la reprise des opérations qu’il a méditées depuis la batailled’Essling; mais Raab reste encore aux Autrichiens, et le blocus dePresbourg n’est pas assuré. En conséquence, Napoléon presse la prisede Raab , investie depuis le 15 par le maréchal Lauriston. La tranchées’ouvre le 19 ; le 21 , le feu commence ; le 22, la place capitule : elleavait deux mille hommes de garnison. Aussitôt que l’Empereur eutappris la reddition de cette forteresse, il ordonna au maréchal Davoustd’attaquer Presbourg et de sommer le commandant; cette sommationayant été repoussée, le 27 notre artillerie lança des obus dans la ville.La sommation fut renouvelée et rejetée de nouveau; le feu continuajusqu’au milieu de la journée du 28. Alors l’archiduc Charles fit par-venir quelques plaintes à Napoléon sur ce bombardement, et Napoléon y eut égard : l’attaque cessa ; mais, le 29, le maréchal reçut l’ordre defaire enlever à tout prix la tète de pont de Presbourg ou l’une des îlesqui la flanquaient. Le général Gudin, chargé de cette expédition, ladirigea avec habileté, et en confia l’exécution au colonel Decouz, quifit quatre cents prisonniers.
Tout est prêt dans l’ile de Lobau, qui, pendant quarante jours,
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