H 4 HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4809.
La sagesse, la vigueur du général Miollis, l’estime dont il jouissait,attachaient et contenaient les esprits ; mais la ville n’était pas à l’abri, d’un coup de main soutenu par un parti intérieur ; aussi le roi Joachim,qui sentait toute l’importance de la conservation de cette capitale poursauver la sienne, expédia quelques troupes de sa garde au généralMiollis. Il crut également devoir renouveler, auprès de la consulte quel’Empereur avait chargé d’organiser les états romains, l’invitation defaire sortir Pie YII de Rome et de l’envoyer en France jusqu’à la paix.Le roi motivait cette demande sur le péril que courait le pape lui-mèmesi la guerre s’allumait dans Rome , divisée par les factions ; il présentaiten outre le saint-père, tant qu’il serait en Italie , comme un des chefsles plus dangereux de la coalition, et comme l’instrument le plus puis-sant dont se servait l’Angleterre pour exciter et alimenter les divisionset les complots dont Spolette venait d’être le théâtre. Le roi de Naplesavait encore un autre intérêt qu’il n’avouait pas, c’était celui de s’em-parer de quelques portions du territoire pontifical, de la Marche d’An-cône , par exemple, qu’il convoitait depuis longtemps. Cependant laconsulte ne pouvait prendre la détermination que sollicitait le roi deNaples : cette commission n’avait pas même la mission de suivre, auprèsdu pape , l’exécution du traité proposé par l’Empereur, traité en vertuduquel Pie YII continuerait de résider à Rome , avec un revenu dedeux millions, et consentirait à la réunion de ses états à l’empire fran-çais. Joachim résolut de recourir à d’autres moyens.
Les premiers jours du mois de juin avaient été employés par Napo-léon à préparer des mesures puissantes de répression contre les insur-rections du Tyrol, du Yoralherg, de l’Allemagne , contre les incursionsdes troupes autrichiennes dans la Saxe et dans la Franconie . Le roi deWestphalie , le maréchal Kellermann, le général Junot qui venait deremplacer ce dernier au commandement de l’armée d’observation del’Elbe , le général Reaumont, ont rempli les intentions de l’Empereur.L’armée du roi de Westphalie , forte de quinze mille hommes, avaitexpulsé, le 25, les Autrichiens de Leipsick, et le 30 de Dresde . Un corpsde huit cents hommes occupa Bregentz, un autre entra de vive force àNuremberg , et chassa de cette place les Autrichiens, que Junot rejetaen Bohème. Le maréchal Davoust s’empare d’Engerau sur le Danube ,s’y fortifie, et porte son quartier général à Ilaimbourg et bloque leport de Presbourg . La ville de Neustadt était le point de réunion des