156 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1809, 1810.
France , comme le moyen de résistance le plus énergique à cette loid’avanie générale qui pesait sur le commerce de toutes les nations ; enun mot, à ces ordres si tyranniques signifiés au inonde par l’Angle-terre, le 11 novembre 1807, dans le décret suivant :
« Tous les ports de la France et de ses alliés, tous les pays dont le« pavillon anglais est exclu, sont soumis aux mêmes interdictions ma-« ritimes et commerciales que s’ils étaient rigoureusement bloqués par« les forces navales britanniques. Tout commerce d’objets susmen-« tionnés est déclaré illégal. Tout navire sortant de ces pays ou devant« s’y rendre, sera légitimement capturé. Les bâtiments des puissances« neutres et mêmes alliées de l’Angleterre sont assujettis non-seulementa à la visite des croiseurs anglais , mais encore à une station obligée dans un<* des ports de l’Angleterre, et à une imposition sur leur chargement, qui sera« réglée par la législation anglaise. » Telle était la loi britannique. LaHollande connaissait depuis longtemps cette insolente loi et ses violentesapplications. En 1780, au mois d’avril, la cour de Londres , afin depunir les Provinces-Unies de leur adhésion à la neutralité armée, pu-bliée sous les auspices de Catherine II , avait fait condamner par sesamirautés un grand nombre de navires hollandais, d’après ce principequ’elle osa déclarer, que les ports français étant, en raison de leur position,naturellement bloqués par ceux d’Angleterre, il n’était pas permis de navi-guer auprès d’eux !
Le royaume de Hollande se trouvait pour ainsi dire écroué entre lesdeux pavillons, et il ne pouvait commercer qu’avec celui qu’il étaitforcé de rejeter. Son souverain, plus attaché à ses devoirs de roi qu’àses devoirs de prince français , n’avait pas balancé à préférer le bien-être de ses peuples à la politique de la France ; il s’était attaché, autantqu’il était en lui, à leur rendre moins onéreuse la servitude de la loicommune. Il avait reçu à cet égard beaucoup d’avis du gouvernementfrançais ; et la réunion récente des départements des Bouches-du-Rhinet des Bouches-de-l’Escaut annonçait assez énergiquement à Louis lesort qui attendait le reste de ses états s’il ne consentait pas à les enfer-mer dans le cercle tracé autour du littoral de l’Europe . Aucune consi-dération ne permettait de relâcher ni d’interrompre la chaîne qui envi-ronnait l’Angleterre pour lui interdire l’approche du continent et rejeterà la fois ses marchandises et ses agents : un seul anneau de moins ou-vrait la porte à la destruction du système entier.