if!2 HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1809, 1810.plusieurs bâtiments de guerre anglais croisait dans le détroit. Il y avaitdonc bien peu de chances de succès en faveur de l’expédition napolitaine,tant qu’elle ne verrait pas arriver les dix vaisseaux de guerre français ,portant des troupes de débarquement, qui devaient partir de Toulon pour appuyer l’attaque de la Sicile . Cependant, au mois d’octobre,malgré la privation de ce secours indispensable, le roi de Naples donnal’ordre de mettre à la voile. La division Cavagnac, composée de régi-ments napolitains, passa le détroit, et débarqua dans la nuit à la Scaletta.Au point du jour, se trouvant seule, elle se rembarqua et revint sansobstacle. Elle laissa en Sicile quelques compagnies qui, s’étant aven-turées dans les montagnes, se virent couper la retraite. Cette tentativen’eut d’autres résultats pour le roi de Naples qu’une dépense de huitmillions et une perte de douze cents hommes. Toutefois Napoléon avaitatteint son but, qui n’était pas la réunion de la Sicile au royaume deson beau-frère, mais seulement d’attirer sur ce point toute l’attentiondes Anglais, afin de les empêcher d’envoyer de nouvelles forces en Por-tugal , qu’il faisait attaquer pour la troisième fois, dans le même temps,et aussi afin de les éloigner de Corfou , dont il voulait faciliter le ravi-taillement.
Conformément aux intentions de l’Empereur, la campagne du Por-tugal s’était ouverte au mois de mai, au moment où commencèrent lespréparatifs de l’expédition de Sicile . Le prince d’Essling commandaitl’armée ; il arriva le 2 à Yalladolid : il avait sous ses ordres le maréchalNey , le duc d’Abrantès et le général Reynier ; la cavalerie obéissait augénéral Montbrun. Masséna débuta par trois sièges importants : celuid’Astorga , qui, le 6 mai, se rendit au duc d’Abrantès; celui deCiudad-Rodrigo, qui capitula le 10 juillet entre les mains du maréchal Ney, etenfin celui d’Almeida, qui se soumit aussi le 28 août : le magasin àpoudre de cette dernière ville sauta avec une explosion si forte, que desaffûts de vingt-quatre en batterie sur les remparts de la citadelle , furentlancés à plus de quinze cents toises. Les deux clefs du Portugal , sur lafrontière de la province de Salamanque , tombées au pouvoir de l’arméedu prince d’Essling, il s’avança sur Rusaco le 15 septembre, marchantsur Lisbonne dont il avait l’ordre de s’emparer. Mais l’Empereur avaitenjoint à Masséna de ne commencer ses opérations que quand il auraitréuni soixante mille hommes ; or, à la bataille de Eusaco, il n’encomptait que quarante-cinq mille. Au contraire, les forces dont lord