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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1809, 1810. 161

que devait soutenir une forte escadre de Toulon. La Sicile était pour lesAnglais une vice-royauté, une immense place d’armes , un vaste portmilitaire et commercial. De là ils menaçaient, tenaient en échec le blocuscontinental de la Méditerranée, et l’attaquaient par une contrebandeactive, où leur politique consentait à sacrifier la moitié de la valeur deleurs produits industriels. Pour combattre cette fraude, Napoléon rendit, le 17 août, un décret qui ordonnait le brûlement de toutes lesmarchandises anglaises dans la France et dans les états confédérés, etattacha à ces douanes des cours prévôtales dont les jugements n’étaientpas susceptibles du recours en cassation. Par ces terribles moyens, l’im-portation devenait une opération à peu près impraticable. Cependantil était impossible de se passer d’objets de première nécessité, nonmanufacturés, tels que les productions naturelles aux colonies. Le dan-gereux système des licences pourvut aux besoins publics, non sansles plus grands abus, et les produits des fabriques françaises furentlivrés aux Anglais en échange des denrées brutes provenant des posses-sions des deux Indes.

Dans le mois d’avril, le roi Joachim avait écrit de Paris à son ministrede la guerre, le comte Daure, que l’intention de l’Empereur était deformer une expédition pour s’emparer de la Sicile et la réunir auroyaume de terre ferme. En conséquence, ce ministre reçut ordre defaire préparer, dans les ports de Calabre les plus rapprochés de Keggio,les approvisionnements nécessaires à une armée de vingt-cinq millehommes. De retour à Naples, Joachim imprima la plus grande activitéaux deux services de terre et de mer; il alla lui-même près de Scilla , oùcampait une partie de l’armée, forte de quinze mille Français et de dixmille Napolitains. Le passage devait être protégé par une flottille.Malheureusement on avait mal armé cette flottille, et l’expédition, déjàtrop onéreuse, eu égard aux ressources du royaume, se trouvait, deplus, beaucoup trop faible pour atteindre le but qu’on s’était proposé,sans le concours de la flotte française. L’armée anglaise, par sa situation,était pour ainsi dire invulnérable : elle se composait de vingt millehommes, dont quinze mille Anglais , sous les ordres du général Stuart,militaire d’une haute réputation. Ce générai avait concentré ses forcespi’ès de Messine . Toutes les places situées sur le littoral étaient bienarmées et approvisionnées : de fortes batteries défendaient les côtes ; enoutre, indépendamment d’une flottille anglo-sicilienne, une escadre de

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