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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1811.vis-à--vis de lui, il s’aperçoit qu’une lacune manque à l’interdit qu’il ajeté sur la Baltique , et, le 18 février il prononce la réunion à l’empiredu duché d’Oldembourg, dont le souverain est beau-frère de l’empereurAlexandre. Au lieu de s’irriter de cette impolitique violation, l’Angle-terre se réjouit de l’imprudence qui la fait commettre, et s’empare dece nouveau grief pour s’introduire officiellement dans les conseils deSaint-Pétersbourg .

En France , cependant, un événement auquel est attaché le sort dela nouvelle dynastie occupe Napoléon tout entier; bientôt il sera père,et l’ambitieuse espérance, qui enflamme et soutient toujours les hommesde sa trempe , lui promet un fils. Le 20 mars le moment décisif arrive,mais la délivrance de Marie-Louise rencontre des obstacles imprévus,et tels que ses jours ainsi que ceux de son enfant sont également enpéril : ils dépendent d’une opération pénible et douteuse. Le chirurgienDubois vient consulter Napoléon . Ne pensez qu’à la mère, répondit-il,et traitez l’impératrice comme une bourgeoise de la rue Saint-Denis. Alorsil se rend au lit de Marie-Louise , l’exhorte, l’encourage. Après vingt-six minutes d’un travail douloureux, l’enfant est mis au monde par lesecours des fers; mais pendant sept autres minutes, il ne donne aucunsigne de vie. Enfin, à force de soins, l’enfant respire, il vit, il vivra.Transporté, hors de lui même, l’Empereur se précipite à la porte dusalon où la France et l’Europe semblent attendre leurs destinées; ill’ouvre, il s’écrie : C’est un roi de Rome ! Cent un coups de canon annon-cèrent à la capitale la naissance de Napoléon II ; l’ivresse fut générale.A l’hôtel de ville, M. Bellart et les membres du conseil, qui procla-meront en 1814 la déchéance de Napoléon , votèrent dix mille francs derente au premier page qui vint leur apporter la nouvelle impatiemmentattendue. Ce fut la dernière fois qu’un même sentiment de bonheurunit la France et Napoléon. La nature sembla n’avoir produit qu’à re-gret cet enfant sur lequel se confondaient les vœux de deux grandesmonarchies ; il avait fallu le lui arracher : aussi en contemplant, aprèsune anxiété si cruelle, le berceau qui venait de recevoir son fds, Na-poléon dut s’applaudir de ce que sa fortune triomphait de la natureelle-même.

Le x’oi de Naples s’était rendu à Paris pour le baptême du roi deBorne ; il eut avec Napoléon les explications les plus vives ; les résultatsen sont jusqu’à présent plus connus que les causes : elles étaient graves.