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Tome second.
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174 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 181 J.

Joachim reprocha à Napoléon les obstacles qui avaient frappé, l'annéeprécédente, sou expédition en Sicile , devenue une échauffourée déri-soire et ruineuse; il T attribua notamment à la nou-coopératiou de l'es-cadre de Toulon , qui lui avait été annoncée, et sans laquelle cette en-treprise ne pouvait réussir. Il se plaignit de n’ètre plus que l’instrumentd’une puissance à laquelle il se trouvait forcé de sacrifier ses états.Joachim ne cacha pas non plus à Napoléon l’inquiétude que devaitcauser à sa couronne celle que l’Empereur venait de mettre sur la tètede son fils. Le roi de Naples se voyait menacé par le roi de Rome : maisNapoléon , qui n’avait pas habitué les rois étrangers ni les rois de safamille à de pareilles représentations, saisit cette occasion de faire pres-sentir à son beau-frère la nécessité de se démettre un jour du trône deNaples pour revenir au grand-duché de Berg. G était de la part del’Empereur une résolution déjà arrêtée, et qui s’étendait également auxtrônes d’Espagne et de Westphalie , comme l’avait laissé soupçonner laréunion de la Hollande. L’exécution de cette grande mesure politique,subordonnée aux événements, était ajournée à l’époque de la paix gé-nérale , où le sacrifice de ces royautés conditionnelles apparaîtrait commeune concession à ce premier besoin de la France . Dès ce moment le roide Naples laissa éclater des dispositions hostiles contre Napoléon ; sonimprudence, sa légèreté naturelle, ne lui permirent pas de les dissi-muler. Il quitta Paris à la fin de mai, avant la célébration du baptêmedu roi de Rome , auquel assistèrent les souverains de la famille impé-riale, et entre autres le roi d’Espagne . De retour à Naples, Joachimparla assez hautement de se déclarer contre l’Empereur.

Cependant 1 Italie était le théâtre d’une autre guerre entre le saint-père et Napoléon . Cette guerre ne cessa de présenter un caractère sin-gulier, qui sert a donner la preuve du déplacement des intérêts européensà cette époque. Napoléon et Pie YII avaient changé leurs rôles. L’Em-pereur militait pour son Église, le pape pour ses états. L’Empereurdemandait vainement au pape l’institution canonique des évêques deFrance , que lésai ut-siège aurait du provoquer, et le pape la refusait,parce qu’il avait perdu sa domination temporelle. Pie YII confondait latiare avec la couronne, l’anneau du pêcheur avec le sceptre; le sacre deNapoléon était même un mauvais argument en laveur du pontife deRome . La haute commission ecclésiastique, que l’Empereur avait étéobligé de former auprès de lui, députa en avril au saint-père, et lui