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HISTORIE DE NAPOLÉON . — 18H.jusqu’à Anvers, présente une rade continue que défendent Flessingue et cinq autres petits forts ou forteresses. La Hollande semble un vasteport inexpugnable.
L’Empereur visita Willemstadt, Helvoetsluys, Dordrecht, Gorcum ,l’ile de Gorée, fit son entrée solennelle à Amsterdam , inspecta les for-tifications du Helder, la flottille du Texel, séjourna à Rotterdam , àDelft, à Leyde, et revint le 11 novembre à Saint-Cloud par Dusseldorf et Cologne . Ce voyage de deux mois fut consacré à l’amélioration civile,politique , militaire et maritime de la Hollande. L’Empereur donna àce beau pays le secret de sa force, et il lui eût laissé d’éternels souvenirsde son génie si, deux ans après, il ne fut devenu la proie de l’invasionétrangère. Le grand travail de l’empire suivait et atteignait l’Empereurdans quelque lieu qu’il se trouvât. Les décrets relatifs aux provincesillyriennes sortirent du palais d’Amsterdam ; une foule d’autres furentrendus à bord du Charlemagne , sur l’Escaut. Depuis le retour de l’Em-pereur, l’université impériale reçut une organisation définitive et sonrégime intérieur. Mais on s’étonna de voir émaner de la môme penséetrois décrets bien disparates entre eux : l’un supprimait la féodalitédans les nouveaux départements des Bouches-du-Weser et des Bouches-de-l’Elbe; l’autre prorogeait l’amnistie accordée aux émigrés; le troi-sième, enfin, déterminait la grande loi organique des constitutionsfrançaises, celle de la liberté de la presse. La nature, les titres, et jus-qu’au nombre des feuilles périodiques; les noms même de villes où cesfeuilles pourraient paraître, furent irrévocablement fixés et spécifiés.Une censure inquiétante, soupçonneuse, minutieuse, hostile, sous laresponsabilité des autorités locales, sera l’argus de cette illusoire pé-riodicité. Napoléon se montrait moins jaloux du domaine de la con-science que de celui de la pensée. Aurait-il été malgré tant de gran-deur, et à l’insu de l’univers qui le contemplait, le juge craintif de satoute-puissance, en soumettant son génie à la terreur devant la presse?Ce dernier décret eut le résultat qu’il devait avoir : il aliéna les hommesgénéreux dont l’opinion et les talents font la force des états : il pro-duisit une scission qui, au temps même du péril, ne disparut point : ily eut, d’un côté, l’armée et ceux qui tenaient au pouvoir, de l’autre, lanation. Dès ce moment, celle-ci fut frappée d’engourdissement, parceque les organes de ses intérêts se trouvèrent condamnés au silence.L’invasion d’un million d’étrangers, les conjurations des ennemis