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Tome second.
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19A HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812.s’entretenir avec ses généraux, veiller sur les subsistances, sur le ser-vice des hôpitaux, sur les besoins de ses soldats, s’enquérir de leurssouffrances, leur distribuer des récompenses pour leurs exploits ,administrer, gouverner avec autant de régularité qu’aux Tuileries ,voilà l’emploi de ses jours ; ses nuits sont consacrées aux plus hautesméditations de la guerre, et aux moyens d’assurer le succès d’unecampagne qui peut terminer enfin la lutte implacable de la Grande-Bretagne. Au lieu de se laisser effrayer par les nouveaux obstacles quelui suscitaient l’inconcevable paix de Bucharest , la défection de Berna-dotte, plus étonnante encore, la réunion des armées ennemies, la pro-fonde exaltation du peuple moskovite, auquel le czar lui-même a misle glaive et la torche à la main au nom du ciel, il sent redoubler saconstance, même au milieu du refroidissement et des murmures duquartier général.

Il veut la guerre afin de conquérir la paix ; et tandis que les Bussesquittent les environs de Smolensk pour marcher droit sur AVitepsk, songénie enflammé par la grandeur des circonstances comme par l’impor-tance du but, enfante l’admirable conception de se porter rapidementsur la rive gauche du Dniéper , où Davoust nous attend déjà, de sur-prendre Smolensk , de repasser le fleuve sur les ponts de cette ville, etde revenir attaquer en queue les corps qui l’ont quittée. En quarante-huit heures, cent quatre-vingt-cinq mille hommes ont exécuté ce mou-vement avec une telle précision et un tel secret, que les deux générauxennemis apprirent seulement par Smolensk le danger qu’ils couraient.Pendant les marches incertaines, désordonnées, de Bagration et deBardai de Tolly, Smolensk prise au dépourvu n’aura personne pourfermer ses portes aux Français victorieux dans deux combats. Bagra-tion , instruit le premier de cette grande manœuvre, retourne sur sespas; Bardai le suit bientôt. La ville allait tomber, le 16 août, devantl’impétuosité des troupes du maréchal Ney, elle est secourue par l’arri-vée dans ses murs des vingt mille hommes de Rajewski, que Bagration ne tarde pas à appuyer avec trente autres mille hommes. En voyant lesdeux généraux accourir à la tête de toutes leurs forces, Napoléon s’é-cria comme à Austerlitz : Je les tiens! Mais les ennemis n’avaient gardede s’exposer à une aussi terrible chance contre le premier homme deguerre du siècle et une armée digne de lui, qui avaient soif et besoinde combattre. Au mouvement de Bardai de Tolly qui, craignant de