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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 193

traite. A la pointe du jour, nous n’étions plus qu’à deux lieues de Wi-tepsk. Le 27 juillet, l’Empereur, présent à l’avant-garde, fut témoind’un troisième engagement avec dix mille hommes de cavalerie et d’in-fanterie russes. L’avantage de leur position, l’artillerie qu’ils démas-quèrent , l’obligation où nous étions de passer devant eux, sur un seulpetit pont, le ravin qui les défendait, rien ne put empêcher leur défaite.C’est là que deux cents voltigeurs parisiens , du 9° de ligne, excitèrentl’admiration de toute l’armée par une héroïque et victorieuse résistanceà une nuée de lanciers, au retour d’une charge terrible dont nous n’a-vions pu supporter le choc. À ce spectacle, Napoléon s’écria : Ils mé-ritent tous la croix! Touchés de ces paroles qu’on leur répéta de sa part,ces braves répondirent en mettant leurs bonnets sur leurs baïonnettes,aux cris de vive l’Empereur!

Les deux armées, en présence, ne sont plus séparées que par le ruis-seau de la Lutchissa. Bardai de Tolly a résolu de recevoir la bataillequ’il ne peut éviter sous peine de renoncer entièrement à sa réunionavec Bagration ; s’il persiste dans le dessein de combattre, il est accablé.Napoléon en a l’assurance; aussi se prépare-t-il, avec une joie héroïque,à saisir l’occasion offerte. Mais tout change : un courrier de Bagration ,sauvé de nos mains par miracle, fait reculer Bardai, et nous livre toutle pays entre la Duna et le Borysthène, avec AVitepsk entièrement aban-donné de ses habitants.

Napoléon accorde, autour de cette ville, un repos nécessaire à sonarmée, renforcée de tous les corps envoyés contre Bagration et rame-nés par Davoust. Pendant ce temps, ses ordres font marcher au secoursde Reynier, contraint de céder devant Tormasoff, dans le grand-duché,les armées que commandent Sclmartzemherg, le duc de Bellune et leduc de Castiglione, chargés de détruire le général russe, et d’assurerl’entière liberté de nos communications. Le général Saint-Cyr, à la tètedes Bavarois, ira soutenir le duc de Reggio, d’abord forcé à la retraite,ensuite victorieux avec un immense avantage, mais inhabile à profiterde ses succès sur Wittgenstein qui le fait reculer jusqu’à Polotsk . Leduc de Reggio doit reprendre aussitôt l’offensive et poursuivre, jusqu’àleur ruine totale, les Russes qui lui sont opposés. Le duc de Tarente,maître de Dunabourg , qu’il a occupé sans coup férir, doit concourir àcette importante opération. La plus puissante activité signale la pré-sence de Napoléon à Witepsk . Recevoir les dépêches, dicter les ordres,

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