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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.comme lui dans la terrible redoute; un grand nombre d’officiers supé-rieurs furent blessés. Les Russes eurent à regretter environ cinquantemille hommes, parmi lesquels on comptait le prince Bagration , le gé-néral Koutaisoff et les deux Toutchkoff. Les Français s’emparèrent decinquante pièces de canon , et firent plusieurs milliers de prisonniers.Le maréchal Ney, digne de la plus magnifique récompense, reçut letitre de prince de la Moskowa; Davoust, et surtout le vice-roi, n’avaientpas moins mérité que lui peut-être, et ne se montrèrent point jaloux;Compans, Gérard , Morand, Caulaincourt, Montbrun, Poniatowski etses Polonais, enfin les généraux d’artillerie Forestier, Sorbier, Lari-boissière, etc., avaient aussi puissamment contribué au triomphe denos armes.

Après sa retraite décidée, Kutusoff, poursuivi sur la route de Mos-kou, annonça par une vive résistance à Mojaïsk l’intention de nouslivrer une seconde bataille dans la belle position de Fili, à une demi-lieue en avant de Moskou ; mais le 14 septembre, les troupes du feld-maréchal eurent la douleur de quitter encore cette position sans com-battre, et de traverser en vaincus l’antique capitale de la Russie et leberceau de l’empire. On dit que des officiers et des soldats pleuraientde rage et de désespoir. L’abandon de Smolensk , qui passait pour unelâcheté et presque pour une trahison, avait répandu le deuil et l’indi-gnation dans tous les cœurs russes : qu’on juge de l’effet de l’évacua-tion de Moskou , la ville sainte, par une armée que la veille encore ondisait victorieuse, par le vainqueur des Turcs à Roudschouk, par legénéral qu’on avait appelé comme un libérateur, et qui, après avoirjuré sur ses cheveux blancs de défendre à toute extrémité la vieille ca-pitale des czars, la laissait à la merci de Napoléon ! Mais, chose à peinecroyable, à l’instant où sa défaite le forçait, pendant la nuit qui suivaitla bataille, d’ordonner la retraite pour ne pas être coupé, le lende-main , de la route de Moskou , et acculé contre la Moskowa, Kutusoffne craignait pas d’écrire aux deux généraux en chef qui relevaient deson commandement, que l’armée française avait été écrasée à Borodino ;il fit proclamer à Moskou cette nouvelle, qui allait être démentie aumoment même; il eut l’audace d’annoncer à son souverain une victoirecomplète. Deux bulletins venus du quartier général, et publiés dansSaint-Pétersbourg , portaient que les Français avaient été taillés en piècesà Mojaïsk , et la garde impériale détruite : qu’outre cent pièces de ca-