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Tome second.
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220 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1812.

fondent sur les masses ennemies ; la moitié d’entre eux y périt ; le resterejoint le vice-roi. Guilleminot le trouve aux prises avec Miloradowitchqui occupe la route devant nous : c’est là que quatre mille hommes ,harassés , manquant de tout, n’ayant plus que quelques canons, maissoutenus par les habiles dispositions, encouragés par les généreuxexemples du prince et la brillante valeur de tous leurs chefs, ont affrontéà plusieurs reprises un corps considérable que protégeaient un bois etdes hauteurs hérissées d’une nombreuse artillerie : c’est là que troiscents hommes ont osé aborder et atteindre ces hauteurs où deux massesde cavalerie les ont assaillis avec fureur. Toute l’impétuosité, toute laconstance des'Français n’ont pu forcer le passage : il faudra périr ou serendre. La nuit survient. Le vice-roi ne s’abandonne pas au décourage-ment. Un habile stratagème, que les ténèbres favorisent, trompe lesRusses , tourne leurs positions, et réunit le vice-roi avec le quatrièmecorps et la jeune garde placée par Napoléon dans Krasnoë. Milorado-witch , toujours infatigable, et brûlant de la même ardeur, quoiquetoujours malheureux dans ses attaques, veut se retourner sur le princed’Eckmühl et sur le duc d’Elchingen .

Kutusoff est arrivé à la tête de la grande armée russe : il a méditénotre destruction. Ses ordres sont donnés. Déjà ses généraux marchentsur nous dans diverses directions. Le 15, Napoléon les prévient à Chir-kowa et Maliewo, où il culbute le corps d’Ojarowski et arrête le feld-maréchal pendant vingt-quatre heures. Les mouvements de l’ennemi vontrecommencer. Napoléon apprend que Beningsen, Strogonoff, Gallitzinet Miloradowitch, avec plus de cinquante mille hommes, que Kutusoffviendra seconder, veulent lui fermer le chemin et attaquer ses quatorzemille soldats réduits à un état si déplorable. Il peut, il devrait peut-être,pour éviter de courir à sa perte, se retirer sur Orcha et Borisow ; don-ner la main à l’armée de Bellune , et ensuite à ses autres réserves : laroute lui est encore ouverte ; mais inquiet du sort de ses deux lieute-nants , le prince d’Eckmühl et le duc d’Elchingen , il a résolu, pour lessauver, d’attirer vers lui tous les efforts de la grande armée russe. Le 17,avant le jour, il rentre dans la Russie , et, à la tête des débris de sa vieillegarde, il s’avance au centre de quatre-vingt mille hommes. Là, gravis-sant à pied les escarpements glissants des hauteurs de l’ennemi, arméd’un bâton pour se soutenir, foudroyé de trois côtés par une artillerieformidable , il dirige en personne les charges les plus violentes contre