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Tome second.
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228 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1842.

célérité des travaux qu’il a fait exécuter sous ses yeux pour nous créerune issue, l’armée tout entière resterait exposée à un désastre peut-êtresans remède. Sa situation est encore d’un péril exti'ême ; Napoléon enmesure toute l’étendue, mais avec la résolution et la conscience d’entriompher.

Le vice-roi et le prince d’Eckmüld suivent la route de Zembin, surlaquelle ils trouveront le général bavarois de Wrèdc. Ils sont chargésspécialement d’entraîner tous ceux qu’ils pourront déterminer à quitterles bords de la Bérésina : car, au milieu des chocs terribles qu’il attend,Napoléon , toujours occupé de la sûreté de ces malheureux, ne cesse deles presser de s’éloigner par ses officiers. Au point du jour, l’énnemiengage deux batailles sur les deux rives de la Bérésina. Tchitchagoff vientd’attaquer Reggio ; l’Empereur vole à ce dernier, qu’on emporte blessé,et lui donne pour successeur le maréchal Ney, qui appuie en arrière leduc de Trévise . De l’autre côté de la rivière, le duc de Bellune est auxprises avec Wittgenstein. Bientôt un affreux désordre se répand sur lepont; la foule des non-combattants s’y précipite avec fureur; les cheva-lets fléchissent ; il faut réparer le pont et rouvrir le passage aux ordresque Napoléon transmet pour soutenir les deux luttes sanglantes aux-quelles il préside avec le calme, la présence d’esprit et la fermeté, maisnon la sérénité, qu’on lui avait vus sur le Santon d’Austerlitz, à la ba-taille des trois empereurs.

Le duc de Reggio, jusqu’au moment de sa blessure, avait repousséavec vigueur les efforts multipliés de Tchitchagoff pour l’acculer sur laBérésina; le maréchal Ney a changé la défensive en une brillante offen-sive : l’action n’en est devenue que plus longue et plus acharnée. Enfinl’ennemi ayant fait évacuer ses réserves, le cinquième et le troisièmecorps, que l’Empereur lui-même avait placés derrière le duc de Reggio,ont pris part au combat. Alors les cuirassiers du général Doumerc,lancés sur les Russes à l’instant où la légion de la Vistule marchaitcontre leur centre à travers lin bois, ont enfoncé jusqu’à six carrés d’in-fanterie. Yers dix heures du soir, convaincu de l’inutihté de ses attaqueset de sa résistance, l’ennemi nous a cédé la victoire et un grand nombrede prisonniers. Cependant, après avoir donné la première impulsion àcette affaire et assuré le succès de ses armes, l’Empereur renonce à sonquartier général, où, à la tête de sa garde, entre les deux rives, il pou-vait diriger les deux batailles. Il avait eu hâte de se rapprocher de