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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 229

Victor, aussi engagé avec l’ennemi. Ce maréchal, dans la position élevéede Stoudziancka, ayant sa gauche au fleuve et protégée d’un ravin, sadroite appuyée d’une batterie de l’Empereur, qui de la rive opposéeplonge sur l’ennemi, lutte courageusement avec six mille soldats contreles trente mille hommes de Wittgenstein, résolu à le culbuter dans larivière. Menacé d’être forcé ou enveloppé à Stoudziancka, Victor se con-centre plus près de notre passage pour en défendre l’accès ; mais unebatterie des Russes , avancée sur le bord de la rivière, et dont les bou-lets et les obus écrasent à la fois la division qui combat et la multitudeinerte et confuse entassée à l’entrée des ponts, amène une scène de déso-lation que la plume se refuse à décrire. Le maréchal n’a point tardé àcontraindre 'Wittgenstein de reculer sa batterie ; toutefois elle n’en a pasmoins causé un désastre irréparable parmi une foule d’infortunés qui,au lieu de céder à l’épouvante, auraient affronté le fer et le feu de l’en-nemi , et résisté à la rigueur de la saison, s’ils eussent pu conserverleurs rangs et leurs armes, comme les intrépides soldats dont ils rece-vaient à l’instant même l’exemple de tous les genres de courage. Versle milieu du jour, les Russes , enhardis par la supériorité du nombre,veulent tenter de déborder la faible division ; en ce moment l’arméede Moldavie se portait avec le plus de violence contre Napoléon surla rive gauche de la Bérésina; mais voyant le péril de Victor sur larive droite, il lui envoie la division Daendels , et le succès est décidé.Dans le cours et au plus fort de l’action, Fournier, Latour-Maubourg,à la tète de la cavalerie, avaient percé le centre de la ligne ennemie, etleurs charges sauvèrent peut-être le duc de Bellune ; c’est sous leursordres que le 7 e régiment de cuirassiers, commandé par le colonel Du-bois , s’était précipité sur un carré de sept mille Russes , et leur avaitfait mettre bas les armes. Comme devant Tchitchagoff, nos officiers,nos généraux tombèrent, frappés au milieu de la mêlée : sur la rivegauche, Dombrowski, Albert, Claparède, Losikowski; sur la rivedroite, Fournier, Girard, Damas, Legrand, Zayonscheck, se trouvaientau nombre des blessés. Le duc de Bellune couronna la belle conduite del’armée dans cette affaire par une action qui en était digne : rappelé lesoir de la position de Stoudziancka, il eut la constance d’y demeurertoute la nuit, pour donner aux malheureux réstés sur le rivage lesmoyens d’échapper à la vengeance des ennemis. Le lendemain, un peuavant le jour, il évacua la position, emmenant avec lui ses blessés, ses