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Tome second.
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232 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — -1812.

pourront franchir. Ses ordres au prince Berthier, datés de Bichitza, le5 décembre, attestent sa profonde sollicitude, sa vigilance inquiète,ainsi que l’étendue de sa prévoyance; et quand on considère ce quirestait de ressources sur les lieux, en hommes et en choses, si l’hivern’avait pas dérangé tous les calculs et renversé toutes les mesures;quand on ajoute à ces ressources toutes celles que le génie de Napoléonenfanta depuis son retour à Paris , jusqu’à l’ouverture de la campagne,on ne saurait douter que cet immortel capitaine ne dût se trouver prêtbeaucoup plus tôt que ses adversaires, ressaisir la victoire et dicterencore la paix, avant que la ligue du continent ne pût éclater contrelui. Mais la nuit même de son départ, un froid de vingt-huit degrésvient combler tant de désastres.

Napoléon , accompagné du grand écuyer Caulaincourt, de Duroc,du comte de Lobau, faisait la plus grande diligence. Il faillit être prisou tué par un pulsk de Cosaques aux ordres du partisan Sesslawin,que l’inconcevable négligence du général Loison avait laissé entrer àOchsmiana, petite ville où l’Empereur devait nécessairement passer.Son étoile le sauva ; mais Loison reçut un accueil sévère et mérité. Ar-rivé à Wilna, avec le duc de Bassano , qu’il avait trouvé à Miedniki,l’état de ses magasins qui renfermaient des munitions de toute espècepour cent mille hommes pendant quarante jours, lui causa la plus vivesatisfaction. Il donna de nouveau l’ordre à Berthier et Murat de reteniret reformer un peu l’armée à Wilna. L’Empereur se rendit de cetteville à Varsovie, de Varsovie à Dresde , où il courut risque d’être arrêtépar une suite des menées des agents anglais , résidents à Vienne, etsous les yeux de ce vénérable roi de Saxe , dont l’honorable fidélité ve-nait d’accueillir avec tant de loyauté et de confiance le bienfaiteur desa maison, le prince à qui il devait sa couronne. Le 15, Napoléon expédiede Dresde des courriers à son armée, à son beau-père, au roi de Prusse,et prend la route de Leipsick et de Mayence ; le 19, après quatorze joursdu voyage le plus rapide et le plus secret, il embrassait, dans la nuit,sa femme et son fils aux Tuileries . Son absence fut appréciée par l’arméemalheureuse qui, tout en désespérant de son propre salut, ne déses-pérait ni de Napoléon, ni de la France. Quant à la France , elle se crutsauvée en voyant Napoléon au milieu d’elle.

Pendant qu’il ressaisit les rênes de l’empire, la rigueur de la saisonsemblait augmenter encore, chaque jour, dans la Lithuanie ; et dès lors