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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1812. 235

de Naples fut-il obligé de transporter son quartier général de Kœnigsberg à Varsovie , et ensuite à Posen ; il était maintenant impossible que l’ar-mée attendît sur les bords du Niémen, et même sur ceux de la Vistule ,les renforts qui lui arrivaient de l’intérieur. D’ailleurs , une autre per-fidie se préparait : le prince de Schwartzemberg, qui, docile aux in-structions de la cour de Vienne, modifiées par le ministre anglais Walpole, avait si mal servi Napoléon victorieux, ne devait pas resterfidèle à Napoléon trabi par la fortune. Les Russes , libres désormais detous leurs mouvements, ne s’étaient point bâtés de profiter de leursavantages ; alors Murat, ranimé par leurs lenteurs et par la présencede .Macdonald, dont la jonction avec Heudelet et Cavaignac avait doubléles forces, parut vouloir reprendre l’offensive ; mais le lendemain , parla plus cruelle désobéissance aux ordres de Napoléon, il abandonnal’année à elle-même, le 16 janvier 1813.

L’armée ne pouvait rester sans chef ; dès le 17, le vice-roi en a prisla conduite. Ce prince, qui pendant toute la campagne avait montréautant de sang-froid que d’héroïsme, déploya une habileté qui manquaità Murat ; il arrêta le mouvement rétrograde, rétablit la discipline, réunitles troupes et leur donna le temps de se reposer et de se refaire. LesRusses , non moins accablés que nous , secondèrent les désirs et les dis-positions du prince. Cependant, un armistice, conclu avec l’ennemi parSchvvartzemberg, laissait le corps de Reynier exposé seul aux coups desRusses , et vint jeter de nouvelles difficultés dans notre position quicommençait à s’améliorer ; elles s’augmentèrent par le départ du feld-maréchal pour la Gallicie , conformément aux instructions de sa cour.Pour comble de malheurs , la cavalerie saxonne avait été entraînée dansle mouvement des Autrichiens par la Rohème. Quoique dénué de toutecavalerie, Eugène n’en fit pas moins sa retraite avec ordre sur l’Elbe ;il passa un mois à Posen , où il réorganisa sa faible armée , et se mit enmarche pour la Prusse : le 21 février, il occupait Berlin , après avoirbrûlé les ponts de Crosen et de Francfort sur l’Oder .

Ainsi se termina l’expédition de Russie , qui a fourni à l’histoire dela guerre ses pages les plus funèbres. Il me reste à décrire des infor-tunes non moins funestes à la France , mais plus solennelles pour sonhéros ; car l’Europe n’est plus secrètement conjurée contre le distribu-teur d’une partie de ses trônes, contre le prince que l’héritier de l’an-tique maison d’Hapsbourg a choisi pour gendre. L’Europe tout entière