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Tome second.
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238 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1818.

peut-être le plus vivement que l’entreprise elle-même, ce fut la fai-blesse du préfet de la Seine. Il ne pouvait concevoir, disait-il, que lepremier magistrat civil de la capitale se fût fait subitement et sans oppositionl’agent d’une révolution, plutôt que d'aller se ranger près du fils et de lafemme de son souverain à qui il avait prêté serment. Le lendemain, il ré-pondit à la harangue du sénat : « .... Des soldats timides et lâches per-dent l’indépendance des nations, mais des magistrats pusillanimes dé-truisent l’empire des lois, les droits du trône et l’ordre social lui-même.La plus belle mort serait celle d’un soldat qui périt au champ d’honneur,si la mort d’un magistrat périssant en défendant le souverain, le trôneet les lois, n’était pas plus belle encore. » Après le sénat, il reçut leconseil d’état, et, toujours occupé de la conduite du préfet de la Seine,il termina sa réponse par ces mots remarquables :«.... Le conseild’état d’un grand empire doit joindre à ces principes un courage à touteépreuve, et, à l’exemple des présidents Harlay et Molé, être prêt àpérir en défendant le souverain, le trône et les lois. » Napoléon avaitordonné une enquête sur la conduite du préfet de la Seine. Ce magistratfut condamné par ses pairs, les membres du conseil, et destitué parun décret. Si la probité, l’honneur et les bons services avaient puobtenir le pardon d’une aussi grande faute, M. Frochot aurait échappéà sa juste punition; mais la politique ordonnait un exemple. « La révo-lution n’est pas morte, dit l’Empereur à cette occasion; ma dynastie n’apas pris racine parmi les membres de mon conseil. » Si Napoléon eûtvoulu étendre l’enquête à son sénat, une partie de ce corps, où la con-juration Mallet avait des ramifications, se serait trouvée compromise.Malgré le chagrin cuisant qu’il ressentit de ces funestes découvertes,il garda le silence ; et, sans perdre de vue ses ennemis secrets, il leurfit sentir par des paroles publiques dont eux seuls pouvaient bien com-prendre le véritable sens, que leur conduite en son absence n’avait plusde mystère pour lui. Trop environné de difficultés de toute espèce, tropéclairé en politique pour éclater autrement, et pour montrer à l’Europe des symptômes de division autour de son trône , il remit à d’autres tempsle soin de remédier au mal. 11 laissa ainsi dans le premier corps de lanation des germes de perfidie qui se développèrent quelques mois plustard, lorsque la dynastie impériale fut proscrite par son sénat, et lelendemain par une partie des conseillers d’état, les juges mêmes ducomte Frochot, qui, du moins, n’était pas coupable de parjure. Quoi