252 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
trésor dévoué tout entier aux besoins de la guerre. Cependant il penseencore à la conspiration de Mallet, et voulant laisser, pendant son ab-sence, une garantie à l’empire, il décerne solennellement, le 30 mars,la régence à Marie-Louise , à la petite-fille de Marie-Thèrèse : souvenirhéroïque, que rappelle à l’Impératrice la harangue du sénat, et quetous deux ils doivent bientôt oublier! Napoléon a congédié M. de Bubna:ce négociateur est parti pour Tienne avec des déclarations précises enéchange de mensongères protestations ; car ou a parlé à M. de Bubna del’indépendance du royaume d’Italie, de celle de la Toscane , de celle desétats romains, de celle de la Hollande au delà du Rhin , et enfin desvilles anséatiques, si l’on veut faire la paix générale. Ainsi, la France impériale ne serait plus que la France de la république, telle que le pre-mier consul l’avait trouvée : ultimatum généreux, où le désintéressementde tant de gloire prouve éloquemment à quels sacrifices le héros de laFrance , prêt au combat, pouvait descendre pour le salut et l’honneurde sa patrie ! Napoléon a rendu M. de Bubna porteur d’une lettre quiajoute une garantie à ses intentions pacifiques.
Enfin, le 13 avril, arriva le prince de Schwartzemberg ; il avaitmis seize jours à venir devienne à Paris . L’Empereur partait le 15 :il reçut l’ambassadeur le 14 ; mais comme il avait tout dit à l’empe-reur d’Autriche dans sa lettre et à M. de Bubna, le nouvel envoyé nefut pour lui que le commandant du contingent, et il lui adressa cesparoles :
« Je pars. Probablement du 22 au 25 avril j’ordonnerai à votre lieu-tenant, le général Frimont, de dénoncer l’armistice que vous avez fait.Je serai de ma personne, dans les premiers jours de mai, sur la rivedroite de l’Elbe avec trois cent mille hommes. L’Autriche pourrait por-ter à cent cinquante mille hommes votre armée de Cracovie , en mêmetemps qu’elle rassemblerait trente à quarante mille hommes en Bohème;et le jour que j’arriverais sur l’Elbe , nous déboucherions tous à la foiscontre les Busses. C’est ainsi que nous parviendrons à pacifier l’Eu-rope . » Le prince de Schwartzemberg répondit « que si les instructionsdu major général étaient envoyées au général Frimont, il ne doutaitpoint qu’on n’y obéit aussitôt. » Cette réponse était celle que voulaitNapoléon, pour faire croire à l’Europe, à la France surtout, que l’al-liance ne courait point de dangers. Schwartzemberg paraissait trop tard,et c’était à dessein. Grâce aux lenteurs combinées de l’Autriche , Napo-