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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1813. 251

mes sous le nom de quadruple alliance. L’Autriche avait fait du chemindepuis la convention de Kalish. M. de Metternich , dévoilé, prit alorsavec M. de Narbonne le langage de médiateur armé, caractère que laFrance était bien loin de lui accorder : il exigeait le sacrifice des dépar-tements anséatiques ; il déclarait que l’Autriche ne se battrait ni pourles Polonais, ni même pour conserver à Napoléon le titre de protecteurde la Confédération du Rhin .

L’Angleterre était satisfaite ; elle allait recueillir enfin le fruit de larupture du traité d’Amiens , et sortir encore invulnérable des dernierschamps de bataille où devaient être sacrifiés la France et Napoléon ; cardepuis cette époque, elle avait conçu l’idée d’étouffer le vainqueursous le poids des trophées qu’il coûtait à l’Europe . La politique anglaiseavait prononcé deux arrêts : refuser toujours la paix à la France , etarmer toujours l’Europe contre la France. Napoléon n’ignorait pascette inexorable fatalité attachée à sa grandeur; aussi avait-il appréciéla valeur de la mission du baron de Wessemberg; et, bien que la courde Vienne fût déjà agrégée à la conspiration britannique, il connaissaitmieux qu elle l’inflexibilité dont le cabinet de Londres , déjà à la tètedes trois grandes puissances du Nord, saurait entourer la négociationque l’Autriche croyait pouvoir exploiter à son profit. En effet, loin devouloir prêter l’oreille à des propositions d’accommodement, l’Angle-terre achetait un million sterling de subsides, et avec la promesse dela Guadeloupe et de la Nonvége , la coopération de Bernadotte quidevait commander trente mille Suédois, les vingt-cinq mille hommesdu corps prussien de Bulow, et un corps russe. A ce prix, Bernadotte ,enfant de la France, Bernadotte que notre gloire a fait roi, portera lesarmes contre la patrie qui l’a élevé, contre le héros qui lui a permisd’occuper un trône et pardonné des conspirations tramées pour saruine.

Mais l’horizon politique s’obscurcissait chaque jour davantage. L’Au-triche , d’un côté, découvrait par degré ses pensées et ses prétentions,et tout annonçait pour la France la nécessité de renouer l’alliance pardes victoires; d’un autre côté, la saison des combats venait de s’ouvrir,et les armées en marche entre le Rhin et l’Elbe donnaient à Napoléon lesignal du départ. Le temps lui manque pour remplir le vœu du sénat :le roi de Rome et l’Impératrice ne seront pas couronnés. Napoléon areculé devant le luxe intempestif qui aurait distrait une partie de son