CHAPITRE II.
1813.
Pendant les huit jours que Napoléon passe à Mayence , il parvient àorganiser tous les corps de la nouvelle armée que la France venait d’im-proviser , et à compléter le système défensif de cette grande place d’ar-mes sur la rive droite du Ehin. Il y reçoit une lettre importante du roide Saxe. Ce prince, à qui il avait offert un asile, l’informait que, dansl’intention de servir la médiation autrichienne, à laquelle l’intérêt deson alliance avec la France l’a fait accéder, il avait quitté Ratisbonne pour s’établir à Prague. Napoléon pénétra facilement le motif de la pré-férence accordée par le vieux monarque à une capitale de la maisond’Autriche ; et il jugea que le temps était arrivé de donner à la Saxe lespectacle d’une victoire française. Le 25, l’Empereur se trouvait à Er-furt où, quatre ans auparavant, il était le roi des rois. Le même jour,son quartier général est à Auerstaedt, théâtre d’une autre gloire. Leprince de la Moskovva marchait sur Naumhourg, le comte Bertrand surIéua, le duc de Reggio sur Saalfeld , le duc de Raguse se trouvait àVeissenzée, et le vice-roi s’avançait sur Hall et sur Mersebourg ; la gardeimpériale était à Weimar . En parcourant une route jalonnée par tantde souvenirs glorieux, Napoléon reçut les acclamations de la jeune ar-mée qu’il ne connaissait pas encore. Il s’arrêtait pour assister lui-mêmeà la distribution des premières armes qu’elle eût portées ; et passant len-tement au travers de leurs longues colonnes, il parlait à ses nouveaux