Band 
Tome second.
Seite
271
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 271

entre le mouvement du prince de la Moskovva et celui du duc de Dal-matie , le comte de Wittgenstein vit bien que, pour avoir raison dumaréchal Ney, il n’avait d’autre ressource que d’arrêter le maréchalSoult. Mais , de son côté, Napoléon sentit que le moment de gagner labataille était arrivé , et il se mit à la tête de sa garde. La cavalerie dumaréchal Latour-Maubourg et une réserve d’artillerie marchaient sur leflanc de la droite de la position de l’ennemi, devant le centre de l’arméerusse ; enfin le mamelon de Kreckwitz, dont les alliés faisaient leurpoint d’appui, et où le maréchal Blücher croyait pouvoir braver tousnos efforts , fut emporté par la division Morand et par la division vvur-tembergeoise , malgré la résistance des gardes prussiennes que Blücher rappela de Preititz. Le général Devaux établit sur ses hauteurs une bat-terie de la garde. Les généraux d’artillerie Dulauloy et Drouot se por-tèrent en avant avec soixante pièces de réserve, tandis que la jeunegarde , aux ordres du duc de Trévise , si aguerrie par le combat terriblede Kaya, se précipitait sur Litten et en chassait le terrible York.Débordé sur sa gauche, attaqué de front, pris à revers par les troismaréchaux , Blücher s’est retiré sur Burschwitz, où Bertrand le suitavec le 4 e corps. Dans le même moment, le maréchal Marmont s’em-parait des retranchements de Buschitz que les Russes ne peuvent plusgarder depuis la perte de Kreckwitz. Le général en chef Wittgensteinayant été obligé de dégarnir sa droite, afin de parer à la nouvelleattaque que dirigeait l’Empereur en personne, le prince de la Moskowaavait profité de ce mouvement pour marcher en avant. Il avait reprisPreititz : maître du village de Prussig , il avait débordé les alliés , ets’avançait sur Wurschen. Le comte de Wittgenstein, voyant sa droitetournée, fut convaincu qu’il ne pouvait plus tenir, et ordonna la re-traite. Le général Bardai de Tolly se retira par Grcedlitz sur Weisscm-berg, ainsi que l’aile droite, toute composée de Prussiens, et l’ailegauche, ou l’armée russe, sur Hochkirch et Lobau. Trente mille hommespayèrent de leur sang la défense et l’attaque des retranchements désor-mais inutiles, de Bautzen et d’Hochkirch : douze mille du côté desFrançais, dix-huit mille du côté des alliés. Mais si Ney , comme dansla retraite de Moscou, eût donné tète baissée à Preititz , toute l’arméeprussienne, avec son matériel, et une partie de l’armée russe, celle deBardai, tombaient au pouvoir du vainqueur.

Ainsi s’accomplit la prophétie annoncée le matin par Napoléon à son