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Tome second.
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274 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.

dans le plus profond silence. Le grand maréchal rompit le premier cesilence : « Ah! Sire, allez-vous-eii; ce spectacle vous peine. » L’Empe-reur, s’appuyant sur le duc de Dalmatie et sur le grand écuyer, seretira sans pouvoir dire au duc de Erioul autre chose que ces mots :Adieu donc, mon ami! « Napoléon ne quittait le lit du mourant quepour veiller sur l’armée, distribuer des récompenses aux braves, ettravailler avec son ministre des relations extérieures : il n’en était pasmoins pénétré de la plus vive douleur. Cette douleur était juste; eneffet, il perdait dans Duroc non-seulement un compagnon d’armes,mais encore un de ces amis sûrs et dévoués auxquels on peut tout con-fier, et qui ont conquis le droit de dire la vérité tout entière. Convaincude l’étendue de cette perte, et afin d’éterniser le souvenir de leur ami-tié, il ordonna que le corps du grand maréchal fût transporté à Paris ,dans l’église des Invalides , pour y recevoir les honneurs funèbres. Ilvoulut aussi acheter de ses deniers la maison où Duroc était mort, etla donner au pasteur du village, à condition de placer et de conserverà l’endroit où avait été le lit du grand maréchal une pierre avec cetteinscription :

ICI LE GÉNÉRAL DUROC ,

DUC DE FRIOUL,

GRAJMD MARÉCHAL DU PALAIS DE L’EMPEREUR NAPOLÉON,

FRAPPÉ d’un BOULET,

A EXPIRÉ DANS LES BRAS DE SON EMPEREUR ET DE SON AMI.

Banni du monde entier sur la roche de Sainte-Hélène, Napoléonmourant fut fidèle aux souvenirs de Makersdorf, et consacra par sadernière volonté le dernier vœu du duc de Erioul pour sa fille.

Cependant la vivacité de la poursuite de Napoléon et toutes les con-séquences d’une pénible retraite fatiguaient les alliés : ébranlés partrois victoires que d’autres peuvent suivre encore, ils changent de lan-gage et renoncent à l’orgueil de leurs refus récents ; le lendemain deleur défaite, ils réclament la faveur d’un armistice. Le comte de Sta-dion, constant dans sa haine pour Napoléon , et occupé à consommerune nouvelle trahison contre lui, s’empresse d’adresser au prince deNeuchâtel les paroles trompeuses des puissances conjurées ; l’Empereuraccepte leur demande, sans penser qu’une proposition faite par un