HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 275
homme aussi acharné à sa perte et à celle de la France 11 e pouvait ca-cher que la plus perfide et la plus fatale déception. Mais, malgré toutesces communications dignes d’un inflexible refus, l’armée ennemie s’étu-diait, à défaut de périls réels, à semer des résistances journalières surtous les pas de la nôtre, tant elle redoutait cette quatrième bataille,qu’il était si politique au moins de lui livrer. Il fallut, le 23, disputerencore le passage de la Neiss, le 24 celui de la Queiss, le 25 celui duRober, le 27 celui de la Katzbach, qui doit nous recevoir. Le génie deNapoléon a-t-il pâli comme son étoile? Le 25 à Colditz, tant il craintque le fatal armistice ne lui échappe, il fait écrire par le duc de Vicence au comte de Nesselrode , qu’il est toujours chargé de la même proposition.
Cependant deux jours après, à Goldberg, il ne peut plus avoir dedoute sur la politique militaire de ses ennemis ; car, au lieu de repasserl’Oder et de gagner Breslau , ils lui abandonnent leurs communicationspar ce fleuve et la Pologne pour aller s’appuyer sur la Bohème. L’espritde M. de Stadion marche avec les alliés.
Enfin en dix jours la Saxe avait été délivrée par Napoléon ; en huitjours la haute Silésie était au pouvoir des Français! Breslau va tomber.L’armée ennemie est acculée au fond de la basse Silésie, où Napoléons’apprête à porter le théâtre de la guerre ; une seule bataille peut-êtredoit refouler sur elle-même l’invasion du Nord, et fermer aux alliés leretour de la patrie. On attend la chute de Hambourg ; cet importantévénement ouvrira une autre route sur Berlin à une autre armée fran-çaise. Encore deux jours, l’Elbe et l’Oder sont conquis, les cheminssont libres pour marcher sur Custrin, sur Varsovie , sur Dantzick.Dans cette dernière ville, trente mille Français et alliés vont devoirleur délivrance à nos succès. Aussi M. de Nesselrode ne retarde-t-il passa réponse comme à Harta. Quand tous ces grands résultats nous at-tendent, le 28, le duc de Vicence reçoit une lettre des plénipotentiairesrusse et prussien, avec la copie des pleins pouvoirs du commandant enchef des armées combinées : la teneur de ces pouvoirs exprimait claire-ment que la médiation autrichienne, à laquelle Napoléon voulait sesoustraire, était la condition sine quel non de toute espèce d’arrangement.De plus l’empereur Alexandre n’envisageait l’armistice que comme un objetpurement militaire; et par là on éludait l’admission du duc de Vicence auprès de ce prince. Ainsi la campagne militaire se trouvait suspendue:mais la campagne politique était près clc s’ouvrir, et dans cette autre
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