HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 305
projet de surprendre Blücher et d’empèclier sa jonction avec Berna-dotte. Le 7 , à six du matin, il a quitté Dresde ; il y laisse malheureu-sement deux de ses meilleurs généraux, le maréchal Saint-Cyr et lecomte de Lohau , ainsi que trente mille hommes qu’il ne reverra plus.Le 9, d’Eilembourg , Napoléon marche en tète de cent vingt-cinq millehommes sur Duben , où est Blücher ; mais celui-ci, par une manœu-vre hardie, lui échappe : il passe la Mulda, et se réunit à Zœrbigavec le prince royal de Suède . Tous deux, malgré leur immense supé-riorité , se sont repliés sur la Saale ; iis craignent d’engager le fer avecle redoutable Napoléon jusqu’à la coopération de la grande armée deBohème. Le 11 , Napoléon poursuit son mouvement. Wittemberg estdébloquée par le général Reynier ; Dessau est forcée par le maréchalNey. Tauenzien et Thiimen sont rejetés avec perte de l’autre côté del’Elbe : ils détruisent le pont de Rosslau, et se retirent par Zerhst surPotzdam et Berlin. Bernadotte défend à Coethen les approches de cettecapitale. Désespéré de ne pouvoir atteindre ni Blüclier ni Bernadotte ,Napoléon fut saisi de l’idée de transporter la guerre entre l’Elbe etl’Oder . Ses maréchaux eu furent effrayés. Cependant il y persistait,quand, le 14 octobre, il reçut la déclaration de guerre de la Bavière .Cet audacieux dessein devenait inexécutable. Dans peu le roi de Wur-temberg , le plus actif et le plus dévoué de ses alliés , va céder aussi ,malgré lui, à l’obsession menaçante du cabinet de Vienne. Entraînépar le même tourbillon, le grand-duc de Bade suivra bientôt l’exem-ple de ses voisins. Napoléon , en pleine marche militaire, voit sou-dainement les tentes qui couvrent son terrain stratégique coupées pardeux grands intervalles : mais le coup le plus funeste vient de lui êtreporté par l’armée bavaroise , dont la jonction avec le corps de Reuss découvre la frontière française depuis Huningue jusqu’à Mayence.Napoléon n’a plus d’autre ressource, pour ne pas perdre toute com-munication avec la France , que de gagner rapidement Leipsick, oùles armées combinées pourraient le prévenir. D’ailleurs , la grandearmée autrichienne avait débouché de la Bohème ; et, le 13 , le roi deNaples, vivement attaqué vers le village de Wachau, n’a écouté quesa valeur, et a payé un imprudent succès par un revers. Napoléon ,arrivant le soir à Leipsick , vit dans le lointain les feux du combat iné-gal que soutenait son beau-frère. Le roi de Saxe a suivi la marche deNapoléon ; il arrive dans la dernière ville qui lui reste. Seul de tous
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