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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1813. 309

efforts; cependant, sur le soir, le général Meenveldt était parvenu à latraverser à un gué près de Dolitz. Notre droite se trouvait forcée; lagrande combinaison de Schwartzemberg pour percer la ligne qui cou-vrait notre camp et nos parcs, et prendre toutes nos positions à dos,allait réussir, quand l’Empereur, que l’on croyait occupé tout entier dumouvement sur Gossa, envoya le général Curial avec une division de lavieille garde. Dolitz fut repris, le corps de Meerweldt fut culbuté dansla rivière, et lui-môme tomba entre nos mains. Ainsi Napoléon remportala victoire au lieu même où le feld-maréchal autrichien espérait que lesFrançais rencontreraient leur défaite assurée.

Sur la rive gauche de l’Elster, le général Bertrand, chargé de la dé-fense de Lindenau , a été vivement assailli par le général Giulay, etcontraint, après sept heures de combat, à se retirer derrière la Luppe.Tout était perdu si le générai autrichien eût fait sauter le pont de Lin-denau , qu’il occupait depuis notre retraite ; mais Giulay n’a point eucette prudence , et Bertrand , ayant repris l’offensive avec audace , estparvenu à rejeter l’ennemi dans ses positions , et à nous rouvrir laroute d’Erfurt, qui est celle de France .

Au nord de Leipsick, nos armes ont autant de gloire peut-être etmoins de bonheur. Privé des deux divisions Souliam qu’il a envoyéesdu côté de AVachau et qui n’ont pu le rejoindre quand il les rappelait,séparé du corps de Reynier vainement attendu, ayant encore en arrièrela division Delmas, le prince de la Moskowa a dù soutenir avec le ducde Raguse les efforts des corps de Langeron, d’York et de Sacken,c'est-à-dire, avec dix-huit mille hommes , le choc des soixante-cinqmüle que commande Blücher . Ney a déployé pendant toute la jour-née une telle vigueur, qu’il a lassé la constance des ennemis , contrelesquels nous luttions dans la proportion d’un contre quatre. Mais enfinnous avons à regretter la position de Mœckern , douze pièces de canonet surtout deux mille hommes , perte irréparable, que ne compensentpoint les dix mille qui manquent à Blücher . A six heures , le maréchalNey fit passer la Partha à Schœnfeld au sixième corps et à la divisionDelmas. Le duc de Padoue et le général Dombrowski se replièrent surle faubourg de Halle, à Pfaffendorf.

La nuit approche ; il n’est plus temps de songer à combattre en cemoment : après une action si longue et si terrible, qui a vu trois bataillesen un jour, chacun se retire, et les feux du hivac remplacent les