314 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.
l’ennemi jusque sur la position de Schœndel. Encouragé par ce succèsimportant, l’Empereur ordonne à Nansouty de prendre Bernadotte enflanc, pour l’empêcher de se réunir à Beningsen. Mais à peine la cava-lerie légère eut-elle débouché par Mœlchau, que Bubna, Bulow et leprince de Hesse-Hombourg l’assaillirent tandis qu’elle était arrêtée enface par deux divisions suédoises que soutenaient l’artillerie saxonneet une batterie à la congrève au service du prince de Suède . Ce fu-rent encore les masses qui firent fléchir les Français. Le général Frie-derich et le chef d’état-major du sixième corps furent tués. Bulowresta maître des villages de Stuntz et de Sellerhaussen. Ney, avec qua-rante mille hommes, avait résisté toute la journée à cent cinquantemille alliés ; et il fut trahi par les Saxons !
Blücher , de son côté, avait fait attaquer le faubourg de Rosenthal,que les Polonais de Dombrowski et la cavalerie du duc de Padoue défendirent vigoureusement. Le soir, il détacha vers Hall le corpsd’York ; il voulait prévenir sur la rive gauche de la Saale la retraitedes Français que parut lui indiquer la marche d’un train considérabled’équipages dans la direction de Weissenfels .
La nuit seule sépara les combattants et mit fin au carnage. Ainsi setermina la fameuse bataille du 18 octobre. Les alliés ont opposé troiscent mille soldats aux cent trente mille hommes de Napoléon . L’élite denotre armée a été moissonnée dans les champs de Leipsick ; soixantemille hommes manquent aussi à l’ennemi, et il balancerait à venir nousattaquer dans les remparts de Leipsick si nous avions des munitionspour nous y défendre. Mais depuis cinq jours, l’armée avait consommédeux cent cinquante mille coups de canon; il ne restait plus que dixmille cartouches dans les caissons, c’est-à-dire à peine pour soutenir lefeu pendant deux heures. Les réserves les plus voisines se trouvaient àErfurt et à Magdebourg : il fallait donc nécessairement quitter Leipsicket la retraite fut décidée. Dès le soir, les parcs et les équipages filè-rent par Lindenau sur Lutzen qui avait vu la première victoire deNapoléon dans cette campagne ; la cavalerie , la garde, une partie del’infanterie suivirent dans la nuit. La marche était difficile par le défiléde deux lieues qui sépare Leipsick de Lindenau , et que coupentplusieurs rivières sur lesquelles aucun pont n’avait été jeté, malgréles ordres réitérés de Napoléon .
A la nouvelle inespérée de notre retraite, les alliés tressaillent de joie et