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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1813.à son prince et à l’honneur, demeura parmi nous n’ayant plus que cinqcents hommes de sa nation. Pour comble d’horreur, à peine ces infâ-mes déserteurs furent-ils arrivés à distance, qu’ils dirigèrent le feu deleur artillerie sur la division Durutte dont ils faisaient partie! Cetattentat militaire, le plus odieux qu’offrent les annales de la guerre,avait son asile naturel sous les drapeaux de l’ex-maréchal français, quivenait, comme prince royal de Suède , porter les derniers coups à sapatrie. L’ennemi lui-même ne cacha point l’indignation que lui inspi-rait une telle perfidie. La conduite de l’armée saxonne a pu flétrir maisnon souiller la vieillesse de son vénérable monarque. La défection deses indignes soldats avait laissé un grand vide dans la ligne française ;réduit à quatre mille hommes, le général Reynier était hors d’état deconserver Paunsdorf.

Dans le même moment, un autre Français , le comte de Langeron,attaquait avec les Russes le village de Schœnfeld, un des faubourgs deLeipsick; deux fois il s’en empara, deux fois il en fut chassé par lesixième corps qui, faute de munitions, dut enfin céder. Mais le maré-chal Ney ayant fait relever le sixième corps par le troisième, Schœnfeldtomba de nouveau en notre pouvoir. Langeron engagea alors tout soncorps d’armée, et, après des prodiges de valeur, le troisième corps,écrasé par cette masse d’assaillants, se vit aussi obligé d’abandonnerce village. Dix mille hommes de part et d’autre payèrent de leur sangl’affaire de Schœnfeld. Le maréchal Ney se replia sur Reudnitz où Lan-geron le suivit de près.

La division Durutte , restée seule contre l’armée suédoise et le corpsde Wintzingerode , renforcée bientôt de la division Delmas, était parve-nue à déposter les Suédois du village de Kohlgarten; mais, assaillie partrente mille hommes, elle ne put résister plus longtemps , et l’ennemipoursuivait sa marche sur Leipsick. Les Suédois touchaient déjà auxpremières maisons de Wolmansdorf. Le vieux Delmas qui, aprèsquinze jours de disgrâce, a repris ses armes , se précipite sur eux avecsa division et la cavalerie badoise de Beurman, et parvient à lesrepousser : mais entouré tout à coup par les Russes de Wintzingerode ,ses troupes doivent céder, et lui, il marque de son sang républicaincette généreuse défense contre son ancien frère d’armes, Bernadotte .Averti de ce péril si pressant, Napoléon s’y porte de sa personne, avecune division de sa garde à pied et ses grenadiers à cheval , et rejette