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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1813. 320

fermées et la législature ajournée. Peut-être la loi de la nécessité, quigouverne encore plus les princes et les empires que les particuliers,exigeait-elle cette illégale et violente détermination ; mais c’était le casde la justifier par un appel direct et généreux à la nation, et de s’adresserà elle avec l’audace et la confiance d’un grand homme sous lequel elleavait accompli tant de prodiges. Au lieu de cela, Napoléon conçut lamalheureuse idée de donner aux députés une audience de congé, et illaissa éclater à peu près en ces mots son vif mécontentement.

« J’ai supprimé votre adresse : elle était incendiaire. Les onze dou-zièmes du corps législatif sont composés de bons citoyens ; je lesconnais , je saurai avoir des égards pour eux ; mais un autre douzièmerenferme des factieux, des gens dévoués à l’Angleterre : votre commis-sion et son rapporteur, M. Lainé, sont de ce nombre; il correspondavec le prince régent par l’intermédiaire de Desèze ; je le sais , j’en aila preuve ; les quatre autres sont des factieux.... S’il y a quelques abus,est-ce le moment de me venir faire des remontrances, quand deux centmille Cosaques franchissent nos frontières? Est-ce le moment de venirdisputer sur les libertés et les sûretés individuelles , quand il s’agit desauver la liberté politique et l’indépendance nationale ? Il faut résisterà l’ennemi ; il faut suivre l’exemple de l’Alsace , des Vosges et de laFranche-Comté , qui veulent marcher contre lui et s’adressent à moipour avoir des armes.... Vous cherchez dans votre adresse à séparer lesouverain de la nation.... C’est moi qui représente ici le peuple , car ilm’a donné quatre millions de suffrages : si je voulais vous croire, jecéderais à l’ennemi plus qu’il ne me demande.... Vous aurez la paixdans trois mois , ou je périrai.... Votre adresse était indigne de moi etdu corps législatif. » 11 aurait bien mieux valu se contenter d’avoirdissous la chambre des députés, que de lui adresser une pareille répri-mande. Sous le rapport de l’attitude à garder vis-à-vis des ennemis ,Napoléon parlait comme la vérité elle-même ; cependant beaucoup dechoses qu’il n’aurait pas dû dire lui échappèrent dans l’entrainementde l’improvisation. A la place de l’Empereur, César, habitué à l’art demani er les esprits dans le sénat et devant le peuple comme au camp, auraitconquis et entraîné le corps législatif. Napoléon, quoique doué d’unehaute éloquence, ne savait pas gouverner ses paroles dans toutes lescirconstances, et pour n’avoir pas possédé ce talent, il a peut-être perdul’empire. Après ce funeste entretien avec le corps législatif, il soutint