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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1814. 341

les sacrifices spécifiés plus haut, sans s’exposer à payer ce relus tle satète, si les chances de la guerre venaient à changer, comme elles chan-gèrent réellement depuis le 10 jusqu’au 19 lévrier.

Pendant que ces choses se passaient à Nangis, le congrès s’étaitrouvert, le 17, et les plénipotentiaires alliés présentaient leur projet detraité préliminaire. L’empereur Napoléon doit renoncer aux acquisi-tions faites par la France depuis 1792, ainsi qu’aux titres dérivants deson influence sur les pays placés hors des anciennes limites de la France ;l’indépendance de l’Allemagne, de l’Italie, de la Suisse , était déclarée ;la Hollande rentrait sous la souveraineté de la maison d’Orange, etl’Espagne sous celle de Ferdinand YII, etc. C’était bien le cas sansdoute d’accepter ce traité préliminaire, et de faire usage de la carteblanche; il portait d’ailleurs que quatre jours étaient donnés pourl’échange des ratifications. On ne sait quel motif engage M. de Yicenceà intervenir pour la couronne d’Italie , pour le prince Eugène, le princeJérôme et le roi de Saxe , et à ne pas répondre sur-le-champ. Quatreou cinq jours plus tard, il n’était plus libre ; il recevait les lettres deNangis, du 17, et du lendemain, par lesquelles l’Empereur révoquaitle pouvoir sans limites.

Le 17 février doit marquer dans nos fastes comme un jour fatal. Lemaréchal Victor n’a pas exécuté l’ordre si précis et si important deprendre Montereau : cette ville est encore occupée par les Wurtem-bergeois , qui couvrent la retraite sur Sens du corps autrichien de Bian-chi. Le 18, le maréchal se présente devant Montereau , et veut forcercette position. Le général Chateau , son gendre, qui avait emportéavec tant de valeur les hauteurs de Brienne, y est mortellement blesséd’un coup de feu. L’action devient générale, l’Empereur s’empare ducommandement et la victoire reste aux Français . Dans cette affaire ,se souvenant de son ancien métier, Napoléon pointe lui-mème despièces d’artillerie, s’expose gaîment aux coups de l’ennemi, et répondaux alarmes ainsi qu’aux murmures des soldats : « Allez, mes amis ,ne craignez rien; le boulet qui me tuera n’est pas encore fondu. » Gé-rard , qui a puissamment contribué au succès, reçoit le commandementdu corps du maréchal Yictor à qui l’Empereur permet de se retirerchez lui; mais, touché par les larmes d’un ancien compagnon d’armes,et surtout par la perte du général Chateau, Napoléon tend la main àYictor, et l’envoie commander deux divisions de sa garde.