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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1814.

Le 19, l’armée a l’ordre de pousser l’ennemi sur Troves et de net-toyer la rive droite de la Seine. Les Autrichiens, les Russes , les sou-verains alliés sont en pleine fuite. Paris reçoit les drapeaux des jour-nées de Nangis et de Montereau . Le 20 , l’Empereur se trouve à Bray,où Alexandre a couché la veille; le soir, il entre à Nogent, que Bour-mont a si vaillamment défendu le 10, le 11 et le 12, contre toutel’armée de Schwartzemberg, et où il a gagné le grade de lieutenantgénéral. Le 22, Napoléon poursuit sa marche ; la retraite des alliés sechange en déroute ; cent mille hommes se précipitent vers nos fron-tières devant les quarante mille braves de Napoléon , qui n’a pu déci-der Schwartzemberg à une bataille rangée. Les équipages des alliés re-fluent jusque sur les Vosges et les bords du Rhin . On arrive le 22 àMéry-sur-Seine; de l’autre côté, un corps ennemi en force le passage ,et Ton apprend avec la plus grande surprise que ce corps est celui deSacken , appartenant à cette armée de Blücher , qui partout se repro-duit , et semble renaître de ses ruines. Une action vigoureuse s’engageavec les Russes dans les rues de cette petite ville ; ils eu sont chassés ;ils se retirent à la hâte de l’autre côté de l’Aube . Cependant les flammesdévorent Méry , le quartier général impérial se transporte au hameaude Châtres , où Napoléon passe la nuit du 22 au 23 dans la boutiqued’un charron. Le matin se présente le prince de Wentzel de Lich-tenstein , aide de camp de Schwartzemberg , et porteur d’une réponsede l’empereur d’Autriche à la lettre du 17 de l’empereur des Français .Une conversation secrète prolongea l’audience que Napoléon accordaau prince. On assure qu’interrogé par ce souverain touchant l’influenceque trois membres de la famille des Bourbons, arrivés en France ,semblaient avoir prise sur les intentions des alliés, le prince, de Lich-tenstein avait répondu que « l’Autriche ne se prêterait à rien de sembla-ble ; qu’on n’en voulait ni à l’existence de Napoléon ni à sa dynastie ,et que sa mission était une preuve sans réplique qu’on ne voulaitfaire que la paix. » Alors Napoléon dit au prince, qu’il serait le soirmême à ïroyes, d’où il enverrait aux avant - postes ennemis un géné-ral pour y traiter d’un armistice. Immédiatement après le départ del’aide de camp autrichien, le baron de Saint-Aignan, beau-frère duduc de Vicence, revenait de Paris , d’une mission, et il était admischez l’Empereur, qu’il trouva entièrement rassuré sur la position desaffaires. Deux ministres que n’avait éblouis aucune des victoires, bien