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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.sons. Tout est sauvé si Napoléon arrive à Soissons avant Blücher , en-gagé dans des chemins de traverse impraticables. Pas un moment deperdu du côté des Français : des courriers sont expédiés à Paris , àChàtillon, à Meaux ; Mortier et Marmont ont l’ordre de ressaisir l’offen-sive. Le pont de la Ferté rétabli dans la nuit du 2 au 3, l’Empereur apassé la Marne : il se précipite sur Château-Thierry et sur la route deSoissons ; il est en pleine manœuvre sur les flancs de l’ennemi, auquelnous avons coupé le chemin de Reims. Tout se dirige vers Soissons ,la clef de la barrière de la Marne . Marmont et Mortier s’y portent pardeux routes différentes : ce dernier maréchal est tranquille sur le sortde Soissons , défendue par une garnison et par des fortifications nou-vellement réparées. Cerné de toutes parts, Blücher ne saurait éviter saruine, puisque nous occupons Soissons. Blücher ne l’ignore pas ; aussise propose-t-il d’emporter la ville de vive force et de s’y renfermer : ilse présente et les ponts s’abaissent devant lui!... Buloxv et Wintzinge-rode, arrivés aussi de la Belgique , de l’armée de Bernadotte , avaient,le 2 mars, menacé Soissons , intimidé le commandant, qui ouvrit sesportes ! Le 4 au matin, Napoléon apprend à Fismes l’entrée des Prus-siens dans Soissons ! Le général qui avait livré la place se nommaitMoreau : « Ah ! s’écrie Napoléon , ce nom m’a toujours été fatal ! »Soissons perdue , la Marne franchie par les alliés, il faut surprendrele passage de l’Aisne . Le 5 mars, l’Empereur court à Béry-au-Bac qu’en-lève le général Nansouty ; ainsi le chemin de Reims à Laon nous appar-tient. Le 6, il marche à Laon, et trouve sur les hauteurs de Craonne une armée russe en position ; il remet la bataille au jour suivant. Lesoir, des nouvelles de Strasbourg lui apprennent le mouvement presquegénéral de la population des Yosges contre les Autrichiens en retraite,et le concert d’attaque qui semble lier par des opérations offensives lesgarnisons du Rhin, celles de la Lorraine et celles de l’Alsace . Mais,le 7, il faut emporter Craonne ; Ney et Yictor à la tète de l’infanterie,Groucliy et Nansouty à la tête de la cavalerie, s’élancent sur le plateauavec leur impétuosité ordinaire ; les trois derniers sont blessés. Belliardprend le commandement en chef de la cavalerie, soutenue par Drouotet son artillerie. Nous sommes maîtres de Craonne , après avoiréprouvé la plus vigoureuse résistance. Nous suivons les ennemis jus-qu’à l’embranchement de la route de Laon à Soissons ; ils tiennentquelques heures à l’auberge de l’Ange-Gardien, afin de donner le temps