348 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4814 .
réparée ; l’audace de Gourgaud avait conduit l’armée sous les rempartsde Laon ! Une grande bataille était près de se donner pour sauver la ca-pitale. Napoléon montait à cheval à quatre heures du matin, pourengager l’action , quand il apprit le désastre de son lieutenant : il dutalors se retirer sur Soissons , dont il confia la garde à Mortier. Ce futde cette ville qu’il écrivit au prince vice-roi, le 12 : « Je reçois votrelettre et le projet de traité que le roi de Naples vous a envoyé : voussentez que cette idée est une folie ; cependant, envoyez un agent auprèsde ce traître extraordinaire, et faites un traité avec lui en mon nom....Que ce traité reste secret jusqu’à ce qu’on ait chassé les Autrichiens dupays , et que vingt-quatre heures après sa signature, le roi se déclareet tombe sur les Autrichiens. Vous pouvez tout faire en ce sens. Rienne doit être épargné, dans la situation actuelle, pour ajouter à nos efforts lesefforts des Napolitains. » Ainsi Napoléon connaît mieux que personne lepéril de sa position et le besoin qu’il a de conclure la paix à tout prix.
Le 13, l’Empereur s’empare à force ouverte de Reims , dont Corbi-neau avait été repoussé par un corps russe aux ordres de l’émigré Saint-Priest. Une scène, qui rappelle celle de Victor à Montereau , a lieu lelendemain pour Marmont : ce maréchal vient rendre compte du désastrequ’il a essuyé à Laon. Napoléon lui adresse des reproches foudroyants,lui pardonne, et retient à dîner celui qu’il nomme l’un de ses enfants!Dans la même journée, il reçoit six mille hommes que lui amène lefidèle Jansens, général hollandais, commandant dans les Ardennes .L’Empereur n’avait pas négligé de l’informer de sa marche sur l’Aisne .Ce brave arrivait à Reims par la route de Rethel : un renfort de six mill ehommes est un corps d’armée pour Napoléon , qui combat avec trente-cinq mille hommes les forces de tout le Nord de l’Europe . Ney s’avancesur Chàlons .
Pendant les trois jours de repos que l’armée prend à Reims , deuxévénements de la plus haute gravité se passaient dans le midi de laFrance : le 12, le duc cl’Angoulème entrait à Rordeaux avec l’armée an-glo-espagnole ; le 13, Ferdinand ATI reparaissait en Espagne sous laprotection du maréchal Suchet. Augereau, à qui Napoléon a donné deTroyes l’ordre de se porter à toute course, avec ses vingt mille hommes,sur Vesoul , afin d’y écraser la retraite de Schxvartzemberg, avait déso-béi. Ainsi l’armée de Lyon n’est plus cette précieuse réserve qui, con-duite par un vieux capitaine, doit réunir sous son aigle les belliqueux