HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1814. 349
enfants du Jura et des Vosges, de la Bourgogne, de la Champagne ; Au-gcreau, le soldat Augereau, n’a pas voulu de cette gloire qui sauvaitla France ; son armée et lui vont cesser de compter dans la défense na-tionale. Le 21 mars, Lyon ne sera plus à Napoléon ; la même semaineaura vu tomber Lyon et Bordeaux , l’une par la défection d’un maréchal,l’autre par l’arrivée d’un prince de la maison de Bourbon.
Jamais la guerre ne s’est présentée sous un aspect plus menaçant etplus multiplié. Le cri de la coalition est Paris! Napoléon a été deux foisà Vienne, à Berlin; il a été à Moskou : François , Frédéric-Guillaume,Alexandre, ont juré d’aller à Paris ; ils y sont attendus : M. de Vitrolles leur en a porté le vœu. Sclrwartzemberg a sonné le tocsin de l’irruptionsur Paris. Oudinot et Macdonald ont évacué Troyes , le 4 mars, devantcette grande révolte de la peur. Sclnvartzembcrg se dirige sur Nogent :il n a plus en face Napoléon et sa troupe sacrée.
Le 16 au soir, Napoléon avait choisi entre Sclnvartzemberg et Blü-cher : c’est au généralissime qu’il veut livrer bataille. Le 17, on marchesur l’Aube par Épernay ; le 18 , Napoléon entre à Fère-Champenoise,où M. de Rumigny parait encore, venant de Cbàtillon. A la séance du13, les plénipotentiaires alliés ont renfermé le duc de Vicence dans uncercle de vingt-quatre heures pour donner son contre-projet. D’aprèscette résolution, leur projet est à peu de chose près leur ultimatum. Leduc de Vicence demande un nouveau délai : il l’obtient; et, le 15, jourde la séance décisive, il présente un contre-projet où il ne parle nulle-ment des concessions spécialisées par l’Empereur lui-même le 2 mars ;mais il réclame le grand-duclié de Varsovie pour le roi de Saxe, et lessouverainetés dont ils sont titulaires pour la princesse Élisa, pour legrand-duc de Berg, pour le prince de Neuchâtel , et enfin pour M. deTalleyrand. Quand le sort de la France est entre ses mains, quand lesalut de la patrie devrait être sa seule pensée, ce plénipotentiaire a l’at-tention de s’occuper même aussi des petits princes allemands, tandisque dans la dépêche du 8, dont M. de Rumigny a été porteur, l’Em-pereur dit formellement à leur sujet : Il laissera les alliés faire à leurgré.
La correspondance et le protocole des séances de Chàtillon prouventque la paix aurait été faite le 13, le 14, le 15, le 16, le 17, si le duc deVicence eût accédé aux sacrifices que dans son intime conviction l’Em-pereur ne pouvait éviter. La gloire d’une résolution généreuse autant