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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.fondre sur lui à Arcis, le 20 mars, jour anniversaire de tant de for-tunes diverses dans sa vie.
Napoléon n’a jamais su reculer tant qu’il a pu combattre , et bientôtla bataille l’environne. Cette journée, il ne se regarde que comme lepremier soldat de la France à qui sa vie appartient tout entière : ill’offre mille fois au fer, au feu de l’ennemi ; souvint il est obligé de seservir de son épée pour se dégager des masses qui l’entourent. Unobus tombe à ses pieds ; il y pousse son cheval : la pièce éclate.... Unnuage de poudre le dérobe tout à coup à ses soldats ; mais ni lui ni soncheval ne sont atteints, et il va, inutilement encore, chercher la mortau milieu de ses batteries. Tant qu’il a l’épée à la main, Arcis est inex-pugnable pour l’armée de cent cinquante mille hommes qui l’assiège.La nuit vient : elle ne suspend pas les périls du jour. L’incendie desfaubourgs et le feu continuel des deux armées éclairent la défense desFrançais et les travaux des assiégeants, dont cette terrible clarté dirigeles attaques. Un seul pont reste encore à Napoléon pour se soustraire,lui et ses soldats, à une perte inévitable : il ordonne d’en jeter un se-cond, et le 21 au matin nous évacuons Arcis. Cependant le combat nese ralentit pas, et notre brillante retraite devant des masses si supé-.rieures devient un beau fait d’armes à ajouter à tant d’autres. L’ennemipourrait anéantir l’armée française; mais il craint encore, tant elle estmenaçante, même en reculant. Napoléon se replie dans le plus grandordre sur Yitry-le-Français. Les routes de la capitale appartiennent àl’ennemi.
Napoléon passe à Sommepuis la nuit du 21 au 22 ; le 23, son quar-tier général est à Saint-Dizier , où le rejoint le duc de Yicence, à neufheures du soir. Ce ministre écrit à M. de Metternich , sous la dictéede Napoléon : «Arrivé cette nuit seulement près de l’Empereur, SaMajesté m’a sur-le-champ donné ses derniers ordres pour la conclusionde la paix ; elle m’a remis en même temps tous les pouvoirs nécessairespour la négocier et la signer. » Cette lettre était terminée, lorsqu’aumoment où Napoléon montait à cheval pour se porter sur Doulevent,on lui amena le baron de Weissemberg, ambassadeur autrichien àLondres , qui revenait d’Angleterre ; il voulut l’entendre avant le départde la dépêche de M. de Yicence, que l’on confia au colonel Galbois, del’état-major du prince de Neuchâtel. Napoléon prescrivit à M. deWeissemberg de le suivre à Doulevent, où il le chargea d’une commu-