HISTOIRE DE NAPOLÉON. - 1814. .353
nication verbale pour l’empereur d’Autriche , relative à la conclusionde la paix ; mais cette mission ne pouvait être remplie. Par suite d’unmouvement du général Piré à Chaumont et sur la route de Langres ,l’empereur d’Autriche s’était vu séparé de l’empereur Alexandre, etforcé d’aller se réfugier à Dijon , accompagné d’un seul officier. Si ceprince avait été pris dans cette échauffourée, sa rançon eût été misesans doute au prix de la paix, et Doulevent eût jugé le procès de Chà-tillon, de Erancfort et de Prague .
Napoléon trouva a Doulevent un avis secret de l’honorable comte La-vallette, directeur général des postes; cet avis portait : IL n’y a pas unmoment à perdre si on veut sauver la capitale. Napoléon savait bien quepolitiquement Paris c’était la France , mais entouré par la grande arméealliée, comment pouvait-il se faire jour aiin de la prévenir à Paris ?Le 26, une forte canonnade le rappelle à Saint-Dizier . Attaqué par desforces supérieures, son arrière-garde a évacué cette ville. Milhaud etSébastiani, accourus avec leur cavalerie, repoussent l’ennemi au guéde Yalcourt sur la Marne. Chassé de Saint-Dizier , où rentre l’Empereur,l’ennemi fuit dans le plus grand désordre sur les routes de Bar-sur-Ornain et de Vitry. Le 27 au soir, auprès de cette dernière ville, Na-poléon apprend que ce n’est point Schwartzemberg qui le poursuit,mais un des lieutenants de Blücher : Wintzingerode , que l’on a détachépour masquer le mouvement général des alliés sur Paris . Là, il apprendencore que Blücher a opéré enfin sa jonction avec Schwartzemberg,le 23, dans les plaines de Chàlons , après son départ d’Arcis ; et le mêmejour, une proclamation des alliés, dictée par les émissaires du comitéde Paris, annonçait à la France la rupture des négociations et la marchede Schwartzemberg et de Blücher sur la capitale! « Les alliés, dit legénéral Wilson, témoin oculaire, se trouvaient dans un cercle vicieux,d’où il leur était impossible de se tirer, si la défection ne fût venue àleur secours.... Le mouvement sur Saint-Dizier , qui devait assurerl’empire à Napoléon , lui fit perdre sa couronne. >» Cependant il ne dés-espère pas du salut de Paris ; il compte y paraître encore assez tôt pourfaire payer cher aux alliés l’erreur qui l’abusait depuis son départd’Arcis. Il a enjoint à Marmontet à Mortier de se reployer à la hâte surParis , d’en arrêter tous les convois, d’en réunir autour d’eux tous lesrenforts. Ces deux maréchaux présenteront alors à l’ennemi, devant lesbarricades des faubourgs, une force intacte qui doit enlever et appeler