Band 
Tome second.
Seite
359
JPEG-Download
 

CHAPITRE III.

1814 .

Les alliés à Paris. — Napoléon à Fontainebleau . — Son abdication. — Le3 adieuxde Fontainebleau . — Départ pour l’île d’Elbe.

Le 31 mars, à midi, Alexandre et Frédéric-Guillaume , ainsi que legénéralissime Schwartzemberg, firent leur entrée dans Paris . Aprèsvingt-deux années de guerre, ils occupent à leur tour en triomphateursla capitale de leur ennemi. Les Parisiens cherchent vainement à la têtede ce cortège le père de l’Impératrice, l’aïeul du roi de Home. Fran-çois Il avait été retenu en Bourgogne par la marche de Napoléon surFontainebleau . Le hasard servit heureusement d’abord l’empereurd’Autriche , en le tenant éloigné des événements qui livraient à ses alliésla capitale de son gendre. Cette sorte de bonne fortune fut partagéeaussi de plein gré par lord Castlereagh. M. de Metternich , afin de pro-fiter, sans en être responsable, du mal que l’on ferait à la France , pro-longea l’absence de son maître et la sienne le temps qui lui parut néces-saire au premier établissement de la conquête ; car la coalition voulaitimprimer le caractère de conquête à son entrée à Paris , et cependantelle n’avait osé aborder la pensée de ce triomphe, malgré une armée decinq cent mille soldats, avant l’arrivée de M. de Vitrolles au quartiergénéral d’Alexandre. Blücher seul l’avait tenté deux fois, et deux foisil avait été battu par Napoléon .

Si les alliés ne se trouvèrent pas sans surprise les armes à la maindans la capitale du grand empire, celle-ci se sentit frappée à leur as-pect d’une morne stupeur ; ce moment détruisit tout à coup le justeorgueil de vingt-cinq années de gloire. Les Parisiens furent, et ils de-vaient l’être, plus étonnés, plus à plaindre que les habitants de Vienne ,