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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. - 4814. 3G1

Mais pendant gu’Alexandre goûtait les premiers fruits de la victoiredevant ses soldats, un secret entretien avait lieu entre M. de Nessel-rode et le prince de Bénévent; ils y préparaient l’objet que l’on allaitdiscuter le soir dans le conseil des souverains, c’est-à-dire la questiondu gouvernement à établir en France . De son côté, le prince de Schwart-zemberg n’avait pas tenu la conduite d’un ennemi généreux ; oubliantson titre de dernier ambassadeur d’Autriche auprès de Napoléon , au-quel il devait son grade de feld-maréchal, il s’était souvenu seulementdes engagements qu’au mépris du serment militaire et de la foi destraités, il avait contractés avec la Russie, à Minsk , en 1812. En sa qua-lité de généralissime, qui, pendant l’absence de son maître, le rendaitl’égal des deux autres souverains, il s’était bâté de déclarer que l’exis-tence de Napoléon en France était incompatible avec le repos de l’Europe , etque, Napoléon vivant, on devait se fixer au retour de l’ancienne dynastie.Cette manifestation inattendue des intentions de l’Autriche précédal’ouverture du conseil. On ne remarquait pas dans Alexandre le mêmeempressement à détrôner Napoléon que dans le représentant de Fran-çois II ; il dit qu’il y avait trois partis à adopter : Faire la paix avecNapoléon , en prenant contre lui toutes ses sûretés; établir la régence; rap-peler la maison de Bourbon. M. de Talleyrand vota hautement en faveurdu dernier parti, ajoutant qu’il se portait fort pour le sénat, lequel en-traînerait Paris, qui entraînerait la France . Cependant Alexandre neparaissait point persuadé, et alors on proposa d’admettre à la délibé-ration deux membres du comité que M. de Talleyrand avait formé au-tour de lui. Le conseil se trouva ainsi composé des deux souverains,du généralissime, du prince de Bénévent, du duc de Dalberg, de l’ar-chevêque de Maliues et du baron Louis. Alexandre proclama que sesalliés et lui ne connaissaient que deux ennemis : l’empereur Napoléon et tout ennemi de la liberté des Français . Il demanda ensuite les opinionsdes nouveaux venus; l’un d’eux affirma que toute la France était royaliste,et que d’ailleurs l’exemple de Paris deviendrait décisif. L’empereurAlexandre prit alors l’avis du roi de Prusse et du généralissime ; et,d’accord avec eux, ce prince déclara qu’il ne traiterait plus avec l'empereurNapoléon ni avec aucun membre de sa famille. Les votants français obtin-rent facilement la permission de publier cette déclaration, dont les impri-meurs Michaud, présents, par hasard ou à dessein, dans une salle voi-sine, couvrirent, deux heures après, les murailles de Paris . Il y a,