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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1814. 367

où son Empereur resterait captif!... Un espace de terrain!... Marmontaurait-il deviné Sainte-Hélène ?

Dès le 1 er avril, le lendemain de son arrivée à Fontainebleau , l’Em-pereur n’avait pas perdu un seul moment pour la réorganisation del’armée, et le jour suivant il avait mis en discussion un plan de cam-pagne. La question était, ou de manœuvrer autour de la capitale, oude se retirer sur la Loire. Le premier avis avait prévalu, et par suitedes dispositions que Napoléon prit alors, il désigna pour son quartiergénéral Moatlignon, au lieu de Ponthierry . Le 3, après avoir passé sagarde en revue, il lui avait dit :

, Soldats ,

« L’ennemi nous a dérobé trois marches et s’est rendu maître de Paris ;il faut l’en chasser. D’indignes Français , des émigrés, auxquels nousavions pardonné, ont arboré la cocarde blanche et se sont joints à nosennemis. Les lâches ! ils recevront le prix de ce nouvel attentat. Juronsde vaincre ou de mourir, et de faire respecter cette cocarde tricolorequi depuis vingt ans nous trouve dans le chemin de la gloire et del’honneur. »

Ce serment avait été prononcé par la garde avec enthousiasme : toutela soirée, les soldats dansèrent des farandoles aux cris de Vive l’Empe-reur! Allons à Paris ! Napoléon se vit même obligé de contenir l’effer-vescence guerrière qui s’était emparée de ses troupes. Cependant, danscette même journée , remplie d’événements , de circonstances, d’actesde toute nature, la déchéance proclamée par le sénat, celle de l’abdi-cation demandée par les alliés, tous les journaux, tous les pamphletsde la capitale, étaient partout colportés, grâce aux émissaires du gou-vernement provisoire et aux amis des hôtes du palais de Fontainebleau .C’était par Essonne , et avec raison, que toutes ces nouvelles péné-traient dans l’intérieur de Napoléon et sous les tentes de sa fidèle ar-mée. Mais si la déchéance était débattue dans le palais, au camp elleétait hautement rejetée. Les acclamations de la garde prouvaient suffi-samment l’esprit du soldat. Quant aux chefs de l’armée, aux maré-chaux , il s’en trouvait qui paraissaient regarder la question de l’abdi-cation comme un asile au moins pour la patrie, et ils se disposaient àl’aborder avec l’Empereur à la première occasion.