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Tome second.
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368 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1814.

Le duc de Vicence arriva à Fontainebleau dans la nuit, et renditcompte à Napoléon de la décision fatale dont il était porteur. Napoléon se détermina alors à adjoindre au duc de Vicence deux plénipotentiairesqui, par leur influence personnelle, donneraient des représentants auxintérêts de la France , à ceux de l’armée, et du poids aux vœux quecette armée , encore menaçante pour les alliés, formait si hautementen sa faveur! Le lendemain matin, Napoléon désigna les maréchauxNey et Mannont. L’acte d’abdication fut discuté , rédigé et signé en cestermes :

« Les puissances alliées ayant proclamé que l’empereur Napoléonétait le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe , l’empereurNapoléon, fidèle à son serment, déclare qu’il est prêt à descendre dutrône, à quitter la France , même la vie, pour le bien de sa patrie insé-parable des droits de son fils, de ceux de la régence de l’Impératrice etdu maintien des lois de l’empire.

« Fait à notre palais de Fontainebleau , le 4 avril 1814.

« Napoléok. >>

Le duc de Bassano écrivit à M. de Metternich pour l’informer del’abdication et de la condition que Napoléon y avait mise. Cette dépêchefut portée à M. de Metternich à Villeneuve-l’Archevêque, à quelqueslieues de Sens. Ce ministre n’avait garde de se bâter de se rendre àParis ; l’Autriche voulait achever son ouvrage : c’est elle qui, de Pra-gue , avait amené les alliés à Paris . Le système de son vieux cabinetpour l’abaisssement de la France devait prévaloir sur tous les liens dusang. Depuis un an Sclrwartzemberg n’avait rien laissé de douteux à cetégard, par ces paroles au duc de Bassano : La politique a fait le mariage;la politique peut le dissoudre. Le moment était venu.

Tandis qu’on expédiait les pouvoirs des négociateurs, on annonça àl’Empereur que le maréchal Macdonald venait d’arriver à Saint-Dizier avec son corps d’armée. Entraîné par la destinée, Napoléon se sentitencore plus frappé de l’importance du commandement d’Essonne , oùétait le maréchal Marmont. C’est là, dit Napoléon , que s’adresseront toutesles intrigues, toutes les trahisons de Paris . Il faut que j’aie à ce poste unhomme comme Marmont , mon enfant élevé dans ma tente ! Et Macdonald